‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 111 sur 126 · Cf. Marie Heller, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Marie Heller, op. cit., p

3. V. une bonne description de ces influences à Paris au début du xvur: siècle dans De la Mare. Traité de. la Police, IV, 400-402 : « 1 ne restait plus deplaces à bâtir dans l'étendue du quartier de Gaïillon jusqu’au Rempart ; tout était occupé par des personnes de considération ; mais les Artisans et les ouvriers, qui ne trouvaient plus à s’y loger qu’à des prix excessifs, se retirèrent ailleurs » Cf., p. 408, cette raison invoquée par des lettres patentes de 1721 qui, pour remédier à cet exode qui avait pour effet l'augmentation du prix des choses dans la ville, permit « de former un nouveau quartier au delà du Rempart ct d’y ouvrir les rues nécessaires pour le commerce ».

La périphérie de la ville enfin présente des caractères qui, pour des causes de même genre, mais aussi en raison de nécessités plus générales, y attirent les fonctions industrielles chassées du centre par les conditions qui viennent d’être dites.

I. — Tout d'abord, son caractère discontinu agit en combinaison avec les caractères que prend la forme de l’industrie dans un certain état de celle-ci : il contribue spécialement à y attirer les industries économiquement concentrées. Celles-ci impliquent des établissements considérables, qui requièrent de vastes espaces libres ; or, ces espaces libres ou relativement peu peuplés existent, à une distance très peu éloignée du noyau central de la ville, du fait que celle-ci ne s'est développée que

dans certains sens, et n'a émis que des prolongements

irréguliers laissant entre eux des régions relativement -

vides. À l’intérieur même de la ville, les espaces libres sont plus fréquents à la périphérie qu’au centre, et la densité des maisons y est moindre, en raison même du développement « par anneaux » (1), qui fait diverger les rues principales de la ville comme les rayons d’un cer-

cle, et a ainsi pour résultat que les espaces séparant les

1. Cf. Ratzct. Anthropogeographie, IL, 453 s et déjà J.-G. Kohl. Verkehr und Ansiedlung'en, p. 166. We !

Il. DÉPLACBMENT DE L'INDUSTRIE 303

rues sont plus vastes à la périphérie qu'au centre (1). Quant à la périphérie externe, son caractère discontinu se ratiache lui-même aux caractères de la fonction de la ville. Celle-ci est devenue essentiellement, pour un cercle de plus en plus vaste, un centre industriel et commercial ; elle est un nœud de routes, et c'est le long de ces voies qui divergent d’elle qu’elle émet ses prolongements ; c’est par là qu'elle prend contact avec le dehors, qu'elle accomplit avec le milieu ex- terne les échanges de forces qui sont maintenant sa fonction propre : c’est là par suite, que tend à se porter la vie de l’organisme, et que corrélativement se dé:

veloppe sa population (2).

1. V. sur cette augmentation des îlots libres en allant vers la périphérie: Ratzel. Dié geographische Lag'e der grossen Stædte, in Xleine Schriften, , 444-445. — Les plans le font voir très nettement : v. plan d'Anvers dans Le Roy. Notitia., agri et urbi Antverpiensis (xvn° riècle) ; le plan de Paris dans De la Mare. Traité de la Police, t.I, après la p. 94 (xv°-xvr° siècles) ; le plan de Philadelphie dans Tenth census, XVIT, p. 810 {augmentation de l’étendue des blocks). La statistique de Berne donne le pourcentage du terrain bâti par rapport au terrain à bâtir : il est de 97 0/0 dans la vieille viile,24 dans l’anneau suivant, et 9 dans l’anneau périphérique (Die Wohnungsenquête in der Stadt Bern, p. 64).

2. V. sur ce développement en étoile et son lien avec les routes et le développement du commerce : Schlüter, Bemerkuna Jur Siedlungsgeographie, op. cit., p. 69-70. — Gaillard.

nfl. des cond. topogr. sur le dével.de Rennes, Annales de Bretagne, 1909, p. 341 (allongement des faubourgs, jusque-là ronds, avec la sécurité publique et la création des routes royales : onze routes rayonnaient de la ville, en bordure desquelles les maisons formaient seulement un mince ruban). — Cf. Pirenne. Histoire de Belgique, Il, 231.— Reinhard.Die Seehandelsstæudte,p. 41-43-51.— Ratzel. Die g'éogr. Lage. der grossen Stædte, in Kleine Schriften, I, 441-442 (carte): la ville ne serait même dans son essence qu'un croisement de routes un peu plus peuplées de maisons, une espèce de ganglion, pourraiton dire, où Les nerfs en se croisant s’épaississent seulement un peu. au lieu d’être un ensemble social compact nettement

distinct du dehors.

Ce caractère discontinu de la périphérie produit un autre caractère qui est un facteur encore plus efficace d'attraction des industries ; c'est la /aible densité moyenne de la population et des maisons, qui y détermine une moindre valeur des espaces, et offre par suite aux établissements industriels une base locale plus avantageuse. Elle fait aussi que les classes sociales peu fortunées, parmi lesquelles les classes ouvrières, sont fixées en grande partie à la périphérie où le logement est moins cher : et ainsi, l'industrie en se déconcentrant fait en quelque sorte coup double ; en même temps qu'elle réduit ses frais d'établissement elle se rapproche de sa main-d'œuvre.

Il. — A côté de ces caractères spécifiques à la périphérie de la ville, cette périphérie renferme en ellemême, en tant que limite d'une unité sociale et géographique, des nécessités plus générales d’attraction des fonctions sociales et économiques : celles-ci sont en quelque sorte nécessitées à s’y fixer en raison même de ce qu’elle est la périphérie.

La limite d’un groupe social possède en effet par ellemême une propriété qui, dès qu'elle est suffisamment marquée, suffit à y altirer un développement intense des autres fonctions sociales. C’est par elle que se fait le contact avec le dehors ; c’est à la périphérie que viennent toucher et s'arrêter les éléments qui arrivent à l'organisme de l'extérieur ; et c’est d'elle aussi que partent les éléments qu'il restitue à son milieu. C’est

ainsi qu'en ce qui concerne la ville, les caravanes dans

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