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LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ IOI

C'est d'abord la mobilité des établissements sociaux ; le rapport de coexistence donné dans l'observation entre ce fait et la segmentation est aussi un rapport de causalité. Ce mode de segmentation se produit dans des sociétés encore assez simples, tenant assez peu au sol, pratiquant une agriculture épuisante qui nécessite des déplacements sociaux assez fréquents (1). C’est ensuite le fait que cette mobilité est pourtant en un certain sens incomplète. Elle l’est d’abord, en ce que l’établissement ainsi détaché se situe près de l’ancien (2), et continue à former avec lui une unité géographique assez compacte ; elle l’est aussi en ce que l'établissement ancien n’est pas complètement abandonné. Ce caractère doublement partiel du déplacement est la condition même de la formation de la ville; sinon c’est un établissement distinct qui se constituerait à part, au lieu que naisse une ville par simple complication de l’ancienne agglomération. Ce sont donc les causes qui limitent cette mobilité qui sont déterminantes de la ville et de sa structure interne.

Ces causes sont à la fois matérielles et morales. Il est

difficile qu’un établissement puisse être abandonné

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1. Cf. sur cette influence du déplacement de la culture sur la fondation de colonies par la ville ou le village : Spieth, die Ewe-Siæmme, 1906, p. 365. Les villages qui se fondent ainsi, quelquefois à plusieurs heures de l’agglomération, conservent d'abord des liens étroits avec celle-ci; leurs habitants conservent dans l’ancien village une maison, puis peu à peu ils s’en détachent complètement, et alors la ville disparaît pour faire place à une multiplicité de villages indépendants. Aïnsi les villes constituées de cette façon sont souvent peu durables.

2. Spieth, Ewe-Stæmme, p. 56 (fondation d'Ahœæ près de Doms).

complètement; car il implique tout un ensemble de choses, tout un arrangement technique qu’on ne reconstitue pas aisément. Mais surtout, le déplacement n'est que partiel parce qu'il résulte le plus souvent d’oppositions morales, de luttes internes entre les divers éléments composants de l'agglomération, qui font qu’un ou plusieurs d’entre eux s’en détachent ou en sont repoussés (1). Ce déplacement se produit donc surtout dans des agglomérations déjà formées de groupes multiples et antagoniques, clans, tribus, etc.; et par conséquent, dans de tels cas, il n'est pas proprement créateur de villes, mais tend seulement à compliquer des agglomérations déjà complexes ; la division géographique qui en résulte ne fait que manifester une division sociale préconstiluée (2). C’est là une différence capitale avec la segmentation par croissance qui, on va le voir, peut faire d’un village une ville, en déterminant à la fois une division sociale et une division géographique. La croissance crée des oppositions morales ; le déplacement ne fait le plus souvent que manifester de telles oppositions, réalisées déjà, et pour d’autres causes. La croissance est donc une cause plus profonde, plus compréhensive d'effets successifs de nature diverse, que le

déplacement. Mais, à l'inverse, celui-ci est capable de

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