‹ La Localisation des Industries UrbainesChapitre 39 sur 126 · I. LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ · texte numérisé non relu

I. LE TYPE INDIFFÉRENCIÉ

premier lieu elle travaille activement à intensifier les oppositions et les luttes internes entre familles, qui sont la règle dans ces sociétés, et ainsi elle maintient l'unité et l'autonomie de chaque famille et favorise les scissions locales de familles et de quartiers (1). Par cette première voie, où elle entre en combinaison avec un certain caractère du milieu social, elle ne peut guère que compliquer géographiquement un établissement déjà complexe socialement. Mais il en va autrement pour les deux autres. Combinée avec la morphologie de l’agglomération (caractérisée par la petitesse et par l'existence d’une, fortification), elle en nécessite matériellement le morcellement; car l’accroissement en population requiert un accroissement en étendue, et celui-ci ne jeut, dans ces conditions, se faire que par la fondation, à côté de l’établissement ancien devenu trop étroit, d'établissements distincts. La croissance agitenfin en combinaison avec la nature dela fonction de la ville. Celle-ci vit directement d'agriculture ; à mesure qu'elle s'accroît, elle est pourtant nécessitée à conserver, dans et autour d'elle-même, des espaces libres cultivés pour ses besoins immédiats, et

ainsi à se développer par fragments ; mais surtout,

1. V. sur ces influences Spieth. Zwe-Stæmme, p. 8 (exposé d’un indigène lui-même, qui est un véritable texte et témoigne directement de la façon dontun membre dela ville s’est représenté son évolution. Nous le transcrirons tel quel). « Ich hôrte dass vor Alters alle Menschen an einem Orte hinter einer grossen Mauer Zusammengewohnt naben. » As aber die Menschen anfingen zu vermehren, da brachen Streitigkeiten unter ibhen aus. Als sich nun die Menschen gegenseitig müde gewordenwaren und nicht nehr beieinander wohnen konnten..., etc. (une partie de la ville sous la conduite d’un des chefs, s'établit en dehors). Gatschet. Migration of the Creeks, p.122 (surpopulation d’une ville, d’où émigration de certains clans).

l'exploitation de terrains plus éloignés devient nécessaire (1), et conséquemment l’émission par l’établissement d'agglomérations filiales, qui lui restent parfois assez étroitement rattachées pour constituer avec luiune

véritable unité urbaine.

La croissance en étendue a des effets analogues, spéciaux à la ville, mais elle en a aussi d’autres plus généraux, qui sont caractéristiques de l’extension spatiale de toute société.

I. — Les premiers résultent aussi de la combinaison de l'agrandissement avec d’autres caractères de l’agglomération elle-même. Sa morphologie la nécessite, on vient de le voir, à se morceler en s'étendant. Il en est de même de la nature de sa fonction. La croissance en étendue entre aussi en combinaison avec certains caractères du milieu externe. Quand la population ambiante est assez dense, et que des villages sont proches de la ville, la croissance de celle-ci l’amène à les englober, et transforme ainsi cette multiplicité d'établissements en une véritable unité urbaine, où pourtant survivent des

traces fort nettes de l’ancienne séparation (2). Enfin, cer-

1. Gaischet. Migration of the Creeks, p. 122 (besoin de nouveaux terrains de chasse).

2. Thèbes, en s'étendant, engloba les villages voisins, dont les murailles subsistèrent dans la ville, entre les trois gros bourgs dont elle se composait (Maspero. Hist. des peuples de l’Orient classique, LH, 483-484). Cf. sur un processus analogue au moyen âge. Maurer. Stœdteverfassung, H, 5880. (Spire, Dresde, etc.) +

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