V. Distrib. géogr. des industries, p
qu'ils s’agrandissaient, leurs éléments cessaient de dépendre étroitement d’un centre commun, et tendaient à devenir autant de segments se suffisant chacun à soimême (1). Ils cessaient d’être de simples divisions administratives abstraites, pour devenir des unités sociales réelles. L’autonomie politique et administrative (2) s’ac- . compagnait bientôt de l’autonomie économique, et des centres secondaires se formaient(3) dont les redevances au centre principal devenaient de plus en plus rares (4). Une société d’abord homogène se trouvait ainsi muée, par le seul fait de son extension, en une multiplicité de sociétés.
Mais si ce lien entre la dimension et l’organisation apparaît naturellement plus fort dans des groupes sociaux à espace déjà vaste, comme un domaine, une
grande ville (5)ou une nation (6), il ne laisse pas de se
1. C’était en particulier la structure des grands domaines romains : Vinogradoff. Manor, p. 69, et Beaudouin. Les grands domaines dans l'empire romain (Nouv. rev. hist. de droit, 1897). — V. surtout sur cette évolution tendant à une dissolution : Kotzchke. Zur Verwaltungsgeschichte der Grossgrundherschaft Werden. Leipzig, 1901, et Davenport. The economic development of a Norfolk Manor, 1907. — V. encore un exemple de domaine : ainsi morcelé dans Vinogradoff. Villainage in England, p. 394.
2. Les officiers qui sont à la tête de ces groupes locaux deviennent peu à peu indépendants et parviennent même à les constituer en seigneuries propres : Guérard. Prolég. au Pol. d’Irminon, 451-453. — Flach, Origines de l’ancienne France, Il, 187 sq. — Sée. Les classes rurales, p.331 sqq. — G. Espinas. Origines de la commune de Douai (N. R. H.. XXV, 1901, p. 169-170). — Génestal. Rôle des monastères comme établissement de crédit.., P. 170-171. — Inama-Sternegg, Deutsche Wirtschaftsgeschichte. I, 267-268. — Senn. Les avoueries ecclésiastiques, p. 144 sqq.
3. Inama-Sternegg, D. W., I, 320-321, II, 151. — Vinogradoff. English society in the eleventh century, p. 366.