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Le type indifférencié

Le type le plus simple d’arrangement des fonctions industrielles dans une ville est celui où celle-ci est formée de divisions locales fonctionnellement indifférenciées, dont chacune estle siège de l’ensemble des fonctions de la ville, et constitue un tout autonome. Nous proposons de l'appeler éype indifférencié.

Il semble que ce type urbain soit hors de l'objet de notre étude, puisqu'il se définit à l’état pur par l’absence de localisations industrielles internes. Pourtant son étude est une préface nécessaire à celle des phénomènes de localisation ; d’abord parce que les villes à localisation interne sont issues des villes indifférenciées, ou plutôt s’y sont superposées sans en détruire complètement l’organisation ; ensuite parce que l'étude des causes qui font l’absence de localisations industrielles est logiquement nécessaire à l’étude inverse des causes qui déterminent la localisation ; enfin parce que

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es villes indifférenciées constituent la forme la plus élémentaire de la ville comme phénomène économique, et sont par conséquent l’objet même du problème de l’origine des villes.

Loin que ce type de ville soit une construction de l'esprit, il est extrêmement répandu dans les types sociaux inférieurs. Il présente lui-même des états divers, dont le plus simple est représenté par les villes doubles, formées de deux parties distinctes et indépendantes ; on trouve ce phénomène non seulement dans les civilisations africaines (1), mais aussi dans l'antiquité (2), et dans notre moyen âge, où la division des très anciennes villes à fonction encore agricole en castrum et civitas (3), ou en vieille et neuve ville (4), ou en bourg et

faubourg (5) est fréquente. On rencontre de même des

1. V.Binger. Du Niger au golfe de Guinée, I, 255-256 et plan: (Niélé, ville sans industrie, formée de deux villages avec un mur d'enceinte commun.

2. Ziebarth. Xulturbilder aus griechischen Stædten, p. 34: Pergamon, formée d’une ville haute et d’une ville basse ayant chacune son marché et formant chacune «eine Stadt für sich », p: 37.) La très ancienne Rome a passé par cet état : Jordan,

PE me lg der Stadt Rom im Altertum, X', p. 156, 154.

3. Cette division existe à Strasbourg, dès 722 (Urkundenbuch der Stadt Strassburg, I, n° 3, « .… in suburbano civitatis n0vo »); à Thouars dès 760 : Thibaudeau. Abrégé de l’histoire du Poitou, 1, (1782), p. 227. — V. pour Limoges, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, LXX, p. 112. On a aussi la civitas et le burgus (G. Caro, Stædtische Erbleihe zur Karolingerzeit, in Historische Vierteljahrsschrift, V, 1902, p. 38), la civitas et le castellum (Sohm. Entstehung des deuischen Stædtewesens, p. 36. Coire, x° siècle).

4. V. Domesday Book. 1, 219° (Northampton). — Schwarz Anfænge des Stædtewesens in der Elb und Saalegegenden, p. 5, 42 (Merseburg) — Gozzadini, Topographia di Bologna, P. 59 (vieille et neuve ville ne furent unies en un tout qu'en 1297).

5. Domesday Book, 1, 132 (Hereford). Rotuli Hundredorum, IL, p. 228 (Warwick. Burgus et Suburbium).

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