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I. DÉCONCENTRATION DE L'INDUSTRIE

directement et essentiellement d'un progrès de la localisation générale des industries, lié à tout un ensemble de causes, que nous classerons, comme précédemment, sous trois chefs : caractères du milieu social externe, caractères de la ville, enfin propriétés des fonctions

industrielles elles-mêmes.

On a déjà exposé comment le nilieu social où seconstitue la ville différenciée prend des caractères nouveaux sous l'influence desquels s’efface l’organisation locale des métiers. Le moment est venu, après avoir considéré ces changements sous leur aspect destructeur, d’éprouver leur valeur constructrice, et de déterminer comment ils ont travaillé à substituer, à l’arrangement local qu'ils renversaient, une organisation nouvelle.

Le changement qui se produit dans le milieu est double ; il affecte la #20rphologie de la société, en transformant l’arrangement des groupes secondaires qui la composent; il affecte aussi le fonctionnement de ces groupes. Nous retrouverons plus loin en étudiant la fonction de la ville cette dernière espèce de changements, qui n’est qu'une conséquence de l'apparition d’une localisation générale des industries. Il faut dire ici, pourtant, que l'un de ces changements fonctionnels, à savoir la raréfaction de la guerre, permet à la popula-

tion de se répandre hors des murs de la ville et par là

aux industries de sortir de celle-ci ; ainsi la déconcentra” tion peut atteindre ce degré où la base géographique de l'industrie déborde l’espace urbain. Ce n’est là qu’une condition, non une cause; mais c’est une condition dont la réalisation était nécessaire pour que les organes industriels pussent s'étendre en dehors de la limite de la ville (1).

Quant aux changements d'ordre morphologique, ils sont solidaires des premiers et les conditionnent. La division géographique du travail implique que des rapports sociaux et économiques réguliers s’instituent entre les économies urbaines qui, jusque-là, étaient relativement fermées les unes aux autres ou ne communiquaient que par intermittences ; elle implique, par suite, que des mouvements de choses et d'hommes s'accomplissent entre des points divers de l’espace social qui jusque-là étaient entre eux sans liens permanents ; autrement dit, que la nobilité des éléments sociaux augmente. C’est un fait qu’on ne constate point directe” ment, mais qui apparaît indéniable à certains .signes. La composition sociale de chaque ville devient de plus en plus hétérogène. Sa population comprend des élé-

ments d'origines de plus en plus diverses (2), en même

1. C’est ce que montre le fait qu'il est longtemps défendu de bâtir des maisons hors de la ville en raison des troubles. V. Zdekauer. 1! constituto di Siena, p. 286 ; de non hedificandis domibus in suburgis prope civitatem. — Guichardin. Description du Pays-Bas, p. 91 (Anvers, xvi* s., interdiction de bâtir hors des murs à la suite de l'incendie du faubourg par les ennemis). — Berty. Topogr. historique du Vieux Paris, IV, Faubourg Saint-Germain, p. 126-127 (édit de 1548 interdisant de bâtir en dehors des bornes.)

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