‹ La Locatio-Conductio OperisChapitre 6 sur 179 · M. Lev. op. cit. Diod. de Sic. f · texte numérisé non relu

M. Lev. op. cit. Diod. de Sic. f

Les patriciens, qui professaient le mépris du commerce sans en dédaigner les bénéfices, songèrent à utiliser ces nombreuses familles d’esclaves. Pour cela trois moyens se présentaient. :

Le premier, le plus simple, était le suivant: faire travailler ses propres esclaves chez soi et pour soi. Le maitre leur faisait apprendre des métiers ; ils devenaient ainsi cuisiniers, découpeurs, boulangers, forgerons ou cordonniers, etc. (1). Par cette division du travail, le riche Romain arrivait à faire produire tous lesobjets nécessaires à sa maison, si bien que les ouvriers libres ne devaient guère être employés que par la classe moyenne.

Même, et c'est pour le propriétaire d'esclaves la seconde manière d'utiliser son capital, quand la production de l'atelier servile est supérieure à la consommation de la maison dominicale, cet excédent est mis dans le commerce par l'intermédiaire d’un esclave intelligent. On vit ainsi certains esclaves devenir cabaretiers et débiter aux voyageurs les fruits des domaines des nobles romains (2). C'est cette situation de fait qui donna naissance en droit aux actions adjectiliæ qualitatis, mais le plus souvent il y avait alors non pas louage, mais vente d'un objet fabriqué. Cependant quand l’esclave n’était pas préposé à un fonds de commerce,mais mis à la tête d'une industrie, 1l y avait bien lieu aux actions locati et conducti adjectitiæ qualitatis.

Ce système avait l'inconvénient d'exiger une surveil-

4. M. Wallon. Histoire de l'Esclavage. Il, 4. 2.. Lot 13, D.'L. 33; T. 7.

FD SE lance constante et des règlements de compte fréquents. Aussi les maîtres recouraient à un autre procédé : ils louaient les services de leurs esclaves à temps ou pour un travail déterminé (1). C'était une concurrence redoutable à l’industrie libre ; le prix minime du salaire, la subordination étroite de ces ouvriers étaient des avantages considérables qui devaient les faire préférer aux autres artisans. Les conventions de cette sorte étaient-elles nombreuses ? Il est permis de le supposer. Quoiqu'il en soit, elles ne sauraient être considérées comme des cas de locatio operis ou de locatio operarum ; une tel contrat rentre dans le cadre de la locatio rerum. En effet malgré la protection tardive qu'il trouva dans les constitutions impériales, l’esclave, à l'égard de son maître, ne fut Jamais une personne ; pour le dominus, il fut et resta l'instrument d'acquisition par excellence ; les biens qu'il gagne vont s’adjoindre au patrimoine dominical par une sorte de jus accessionis ; même ses enfants appartiennent au maître comme le croît des animaux; et s’il plaît au dominus de louer ses services, quand il a un métier, les choses se passent comme s'il s'agissait d’un bœuf habitué à la charrue ou d’un cheval bien dressé.

On voit par les considérations précédentes combien l'esclavage nuisit au développement de notre contrat cette influence ne s'arrêta pas là. Tous les gens riches n'étaient pas des patriciens ; une noblesse d'argent existait à côté de la noblesse de sang. C’est dans le sein de cette classe que se recrutaient les argentarii et en général

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