Loi 15, D. eod. tit
A1 tous ceux qui demandaient aux entreprises financières ou autres l'accroissement de leur fortune. Les patricienseuxmêmes n’hésitèrent pas à faire le commerce maritime, car, ce fait est à remarquer, les aristocraties qui ont eu le mépris du négoce, n’ont jamais étendu ce préjugé au trafic par mer. Peut-être les dangers de la navigation, le courage nécessaire pour les affronter, cet æs triplex du poète, relèvent-ils aux yeux des noblesses guerrières un métier si périlleux ? Pour'les Romains, cette idée s’explique par des motifs d’un ordre moins relevé, mais plus pratique : l’appât du bénéfice à réaliser. « Les victoires « navales, dit M. Levasseur (1), donnèrent naissance au « commerce maritime et les nobles consulaires firent « fortune par ce commerce nouveau dont ils ne dédaï- « gnaient pas les immenses profits ». Or, dans une société où l'esclavage n'existe pas, l'entrepreneur emploie des ouvriers qu’il s'attache par les liens du louage d’industrie. À Rome cette place est prise par le travail servile, du moins pour la plus grande part : l’argentarius recrute ses scribes, l’armateur ses magistri navis et ses nautæ dans sa familia.
A la campagne, la décadence du travail Hibre est complète. Dans les villes, la classe des artisans ne disparut jamais entièrement : les grands centres ont toujours eu une puissance d'attraction sur les audacieux, sur les gens ruinés qui y viennent chercher, les uns la fortune, les au-
tres l'obscurité et leur subsistance. Or, quand la terre passa aux mains des chevaliers et des sénateurs, quand