Froissart. Livre IV
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
de Bourgogne; et, à la dernière suite, messire Pierre de Navarre et le comte d’Ostrevant; et vous dy que la lictière de la Reyne estoit très riche et bien ornée, et toute découverte... Des autres dames et damoiselles qui venoient derrière sur des chariots couverts et sur pallefrois n’est nulle mention, et des chevaliers qui les suivoient » Ainsi furent ces fêtes magnifiques, rehaussées de l’éclat des attelages pompeux. La langue de Froissart, chaude et colorée, nous rapporte avec le pittoresque du temps tout le détail de ces réjouissances. Ainsi celle de Rutebeuf, celle de Joinville nous transmirent avant, comme en un fidèle miroir, toute la magnificence des cortèges de Croisés; ainsi celle de Saint-Simon, plus tard, nous apportera l’écho des lourds carrosses de Louis XIV et des fêtes de Ver-
VOITURE DE LA FIN DU XV|c SIÈCLE.
sailles. Les historiens n’ont jamais négligé la locomotion. Une place a toujours été réservée, dans leur œuvre, à cette manifestation caractéristique du génie humain.
Mais continuons la description des belles voitures royales :
En 1470, Charlotte de Savoie, reine de France, seconde femme
1. Voir également MémQires d’OuviER de la Marche : La description du convoi de l’enterrement du duc Philippe de Bourgogne en 1467.
DU MOYEN AGE A LA RENAISSANCE
de Louis XI, se fit faire, à Tours, un chariot branlant que Jehan Delaunay, peintre demeurant dans cette ville, se chargea de conduire par eau de Tours à Amboise. Ce chariot était paré d’un drap d’or frangé de fils d’or. Il était traîné par quatre chevaux harnachés
de cuir rouge, chacun des harnais ayant cinq cents clous de ' laiton doré et deux cent quarante besans de même K
Dans un voyage d’Avesnes à Laon, la même Reine, femme de Louis XI, emprunta à la comtesse de Charolais ses haquenées et ses chariots. Dans le cortège du comte de Charolais, dit Ramée, lequel