Ramée. Histoire des chars, carrosses, omnibus
3. Charles Louft. Paris historique, anecdotique et pittoresque.
LES CARROSSES DU GRAND SIÈCLE
ries des charniers, et la voiture royale reste privée de son escorte. A ce moment, François Ravaillac, qui suivait l’équipage depuis sa sortie du Louvre, se glisse le long des boutiques jusqu’à la portière, saute sur les rais d’une roue, et, tirant un couteau de dessous sa cape, en frappe trois fois Henri IV qui s’écrie : « Je suis « blessé ! » et expire à l’instant. Ravaillac est immédiatement conduit dans un carrosse fermé, de l’hôtel de l’Éperon aux prisons de la Conciergerie « contre lequel le peuple, dit de L’Estoile, aiiant ouï le « bruict qu’il estoit dedans, jecta quelques pierres. »
Sans doute est-ce à partir de cet assassinat du meilleur des rois que l’usage des escortes nombreuses fut repris par les monarques futurs. Nous verrons tout à l’heure avec quelle magnificence Richelieu et Louis XIV entendirent voyager. Déjà Sully, lui-même, l’austère duc de Sully, ne répugna point à ces commodités. Du moins en témoigna-t-il l’expression dans l’un des plus touchants poèmes qu’il écrivit après la mort de son bon maître :
Adieu maisons, chasteaux, armes, canons du roy;
Adieu conseils, trésors déposés à ma foy;
Adieu munitions; adieu grands équipages ;
Adieu tant de rachapts, adieu tant de mesnages ;
Adieu
Adieu soin de l’Estat, amour de ma patrie;
Laissez-moi en repos finir aux champs ma vie.
Sur tout adieu, mon maistre, ô mon cher maistre, adieu;
Toutefois carrosses et chevaux longtemps encore conservèrent les marques de l’équipage royal, l’H fleurdelisée gravée sur les harnais, et les panneaux de voitures.