‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 129 sur 247 · Tome III, p · texte numérisé non relu

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3. Relation de l’entrée de la Reine dans Paris, le 26 août 1660.

LES CARROSSES DU GRAND SIÈCLE

tribua pas peu à justifier la satire et à donner prise aux quolibets de toute espèce. Ainsi en est-il toujours à Paris, dans tous les âges, chaque fois qu’une invention nouvelle, bien qu’utile, s’y établit, en contradiction avec les usages courants. Nous avons déjà vu que les premiers fiacres, installés à Paris par Nicolas Sauvage, commençaient, depuis plusieurs années, à être en faveur. Une pièce du temps, consacrée à ce genre de sujet, nous est une attestation de cette création locomotrice. Elle est due à Sarrazin et parut sous forme d’une lettre badine écrite à Ménage au mois de mai 1646, sur la pompe funèbre de Voiture et placée au chapitre V de la Table de la Grande chronique du noble Vetturius (Voiture), comme Vetturius entreprit la conduite de la Reyne de Sarmatie (de Pologne), jusques au château des Peronelles (Péronne) ; et comme Lionnelle (Mlle Paulet) l’y suivit dans le char de l’enchanteur FIACRON *.

De Monmerqué, l’auteur des Carrosses à cinq sols'1 2 ajoute que Louise-Marie de Gonzague, lorsqu’elle épousa Sigismond de Pologne, quitta la France dans une des voitures de louage dont on se servait à Paris et qui portaient le nom de Saint-Fiacre. Comme Sauvage n’avait point sollicité de privilège royal, la concurrence ne tarda pas à s’établir. De nombreux loueurs de voitures suivirent l’exemple donné par l’inventeur et plusieurs services de fiacres ne manquèrent pas de fonctionner dans Paris, sur plusieurs voies et plusieurs parcours différents.

Malgré tout, l’un des entrepositaires M. de Givry, obtint, au mois de mai 1637, des lettres patentes qui lui accordaient « la faculté de faire établir dans les carrefours, lieux publics et commodes de la ville et faubourgs de Paris, tel nombre de carrosses, calèches et chariots attelés de deux chevaux chacun, qu’il jugeroit à propos, pour y être exposés depuis les 7 heures du matin jusqu’à 7 heures du soir et être loués à ceux qui en auroient besoin, soit par heure, demi-heure, journée ou autrement, à la volonté de ceux qui voudroient s’en servir, pour être menés d’un lieu à l’autre, où leurs affaires les appelleroient, tant dans la ville et faubourgs de Paris, qu’à quatre et cinq lieues aux environs ; soit pour les promenades des particuliers, ou pour aller à leurs maisons de campagne3... »

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