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Traité de police, de Delamarre, t. IV, p

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

Plus tard, les lettres patentes furent cédées à un nouvel acquéreur et, par arrêt du 3 septembre 1666, passèrent en privilège aux frères Francini1.

De nombreux imitateurs suivirent. Le duc de Roannès, le marquis de Sourches, et le marquis de Crenan, obtinrent, par arrêts du mois de janvier 1662, enregistrés, au Parlement le 27 février suivant, la faculté avec privilège, d’établir des carrosses à cinq sols par place qui devaient suivre, dans l’intérieur de Paris, des routes déterminées et partir à des heures fixes2.

Ces carrosses commencèrent à circuler le 18 mars 1662, non sans difficulté, d’ailleurs. La population se souleva contre ces véhicules incongrus qui venaient troubler la provinciale tranquillité des rues, qui éclaboussaient piétons et cavaliers et qui rendaient fort périlleuse pour les enfants, les femmes et les vieillards, la sécurité des voies publiques. Loret, dans quelques vers badins, a conservé le souvenir de cette création3.

L’éstablissement des carrosses Tirés par des chevaux non rosses,

(Mais qui pourront à l’avenir Par leur travail, le devenir),

A commencé d’auj ourd’huy mesme;

Commodité sans doute extrême,

Et que les bourgeois de Paris,

Considérant le peu de prix Qu’on donne pour chaque voyage,

Prétendent bien mettre en usage.

Ceux qui voudront plus amplement Du susdit establissement Sçavoir au vrai les ordonnances Circonstances et dépendances,

Les peuvent lire tous les jours Dans les placards des carrefours.

Le dix-huit de mars nostre veine D’écrire çecy prit la peine.

A la première stupeur causée par l’encombrement des rues les épigrammes malicieuses ne tardèrent pas à succcéder, plus aiguës encore que celles de Loret. Sans compter cette vieille mazarinade4.

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