Paris, F.-J. Mérigot, in
AU COURS DU XVIIIe SIÈCLE.
En 1750 : L’Histoire de M. Guillaume , cocher , par le comte de Caylus, que nous avons publiée dans nos Petits conteurs.
Tant de voitures, tant de luxe, tant de carrosses, tant d’art et de merveilles devaient-ils amener, avec la Révolution dans l’ordre public, la Révolution dans le monde des véhicules et de la locomotion?
Les premières attaques révolutionnaires contre les voitures ne tardèrent pas à suivre celles qui étaient dirigées contre le Roi luimême. En juillet 1789, un pamphlet intitulé le Vœu d’un piéton fut présenté à l’Assemblée nationale. C’était la guerre contre les whiskis et les cabriolets qui renaissait mais, cette fois, plus violente, plus amère et plus agressive encore que par le passé. Dans son placet, l’auteur énumère la série inévitable des accidents dus à la négligence des cochers et des postillons et, pendant quinze longues pages, tonne contre les voitures « que la Noblesse fabriqua pour insulter à l’indigence et à l’honnête médiocrité ».
En 1790, l’une des motions de Babouc, présentée à l’Assemblée nationale, est relative aux fiacres et carrosses de remise.
« La même année, au mois de juin, un ordre de l’Assemblée, disent MM. de Goncourt, dans leur remarquable ouvrage sur la Société française vendant la Révolution, jette à bas les armoiries. Alors le marteau travaille dans tout le faubourg Saint-Germain. Après les portes, les voitures : et ces panneaux où les armes s’entouraient de peintures brillantes, ces panneaux, tableaux précieux dont Lucas, Dutour, Crépin avaient accompagné les merveilles fleuries de leurs pinceaux ; pour les timbres, les lambrequins et les tenants, il faut gratter.
Quelques-uns les cachent sous un papier d’argent ou sous une jalousie. »
En 1793 (le 27 septembre), un ordre similaire émane du conseil général de la Commune de Paris : « Un membre demande qu’il soit pris des mesures pour empêcher la circulation, dans Paris, de voitures portant encore des armoiries, ainsi que des ■ harnais de chevaux et des housses de siège qui sont couverts de livrées. D’après différentes propositions, le conseil arrête que les voitures et chevaux, qui se trouveraient porter des emblèmes de féodalité, seront confisqués et les propriétaires arrêtés comme suspects. »