CHARETTE CAMPAGNARDE
FIN DU X V 1 1 |c SIÈCLE.
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
Le roi et sa famille, ayant essayé de quitter Paris pour passer à l’étranger, sont arrêtés dans leur berline à Varcnnes, par le maître de poste Drouet. Hélas! Un retard des chevaux, l’insouciance des postillons ont suffi à perdre la famille royale.
Le 21 janvier 1793, le Roi, dépossédé cette fois du dernier et du plus humble de ses carrosses, se rend à la guillotine, sur la plus misérable des charrettes.
De ce jour, l’ère sanglante est ouverte. Ci-devant, girondins, hébertistes, dantonistes, se succèdent devant le tribunal révolutionnaire. Autant d’accusés, autant de condamnés. « En ce temps-là, disent MM. de Goncourt, Antoine Fouquier-Tinville écrivait, dans la nuit, à l’exécuteur des jugements criminels, l’ordre du lendemain, le nombre des charrettes du lendemain. »
Et ils ajoutent : « Le lendemain Sanson arrivait à 4 heures; les charrettes roulaient dans la cour de la prison ; les huissiers du tribunal appelaient; les appelés étaient comptés; des charrettes étaient pleines; les chevaux étaient fouettés... Et lentement, charroyant ces agonies prolongées, (les charrettes) gagnaient le Pont-Neuf, et lentement, la rue de la Monnaie, et, lentement, la rue Saint-Honoré et là, où le pavé de la rue montait, au coin de la rue Saint-Honoré et delà rue Florentin, la promenade se ralentissait encore; et longtemps des salons d’Héron, les rires et les insultes tombaient sur les charrettes embourbées. »
Charrettes sinistres! charrettes meurtrières qui entraînèrent la royauté au tombeau et qui menèrent vers sa lin ce siècle si divers, si frivole, si charmeur et si génial qui s’était éveillé à l’aurore des carrosses d’or et des chaises à porteurs !
LE T l L I