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A Paris (1820), chez la Veuve Lepetit, in

DE LA RÉVOLUTION A NOS JOURS

vrage badin et comique, évidemment écrit dans un but de galanterie mais qui n’en offre pas moins de nombreux renseignements sur les mœurs des voyageurs et des postillons de l’époque.

Contre les brigands de toute espèce et les dévaliseurs de grands chemins qui terrorisent les routes, tant de France que d’Espagne, le théâtre du Cirque Olympique représenta, le 15 novembre 1822, la Diligence attaquée ou V Auberge des Cévennes \

Un peu plus tard, en 1826, le théâtre des Variétés, fit représenter un vaudeville en six tableaux : Les Inconvénients de la Diligence ou Monsieur Bonaventure1 2 .

Au cours de leur publication, la Caricature , la Silhouette, le Journal amusant , VÉclipse,]a Journal pour rire, la Vie parisienne donnèrent sous les signatures de Gavarni, de Daumier, de Pigal, d’ironiques dessins de véhicules.

La marche des diligences subordonnée à la marche des affaires , dessin à la fois politique et satirique fit grand bruit. On était alors vers la fin du règne de Louis-Philippe, et comme on avait à ce moment un goût prononcé pour les allégories, nulle surprise ne devait naître en voyant le « char de l’Etat » comparé à celui des automédons de la rue.

Henry Monnier dans son célèbre Voyage en diligence poussa plus loin encore la comédie de mœurs3.

Charles-James-Apperley Nimrod, à son tour, dans un curieux article jmblié dans 1 eNew sporting magazine plaisanta agréablement les diligences françaises. Dans le même périodique, un autre Anglais,

1. La Diligence attaquée ou l’Auberge des Cévennes, drame en 3 actes, par Ferdinand Laloue. Paris, Quoy, 1822.

2. Six tableaux-vaudevilles, par Francis-Théaulon et Dartois. Paris, Barbe, Hautecœur- Martinet.

3. Monnier (Henry). Scènes populaires dessinées à la plume. Chez Dumont, 4 vol. in-18.

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

l’honorable Martin Hawke, ne put céder au plaisir de publier une pièce humoristique en vers : On a french diligence , où déjà se trahit cet esprit utilitaire et inventif de l’Anglo-Saxon prévoyant l'extension des chemins de fer et considérant dédaigneusement le vieux mode de locomotion encore en usage chez le peuple voisin.

A l’histoire des diligences se rattache très intimement l’histoire des postillons.

« Aux postillons nationaux et vraiment classiques, aux postillons à queue, à tresses et poudrés de l’ancien régime, dit Ramée, aux postillons à la légère, jaquette bleue à revers, collet et retroussis écarlates, ornés de quelques douzaines de petits boutons en étain aux armes de France... succédèrent insensiblement, pour la conduite des grosses diligences, ces cochers-postillons prosaïques et débraillés, à la blouse bleue et sale, au bonnet de coton, aux sabots grossiers remplis de paille la plupart du temps. »

Est-ce dire que le postillon classique, le postillon idéal, le « postillon de Longjumeau » ne soit qu’une invention de vaudevillistes et de faiseurs d’opéras-comiques? Le fait est que ces « jolis adolescents » si gracieux, à la tournure équivoque de postillons de Cythère plutôt que de Basse-Normandie ont dû disparaître avec la Révolution. L’imagination seule des auteurs a pu en perpétuer le charmant souvenir.

C’est le 13 octobre 1836 que fut représenté, pour la première fois, le Postillon de Longjumeau, paroles de Léon Lhérié et de Leuven, musique d’Adolphe Adam. On peut dire du héros de cette pièce que c’est un postillon invraisemblable comme tout ce qui sort de l’imagination des poètes lorsqu'ils agissent de complicité avec un musicien qui ne voit que les motifs.

Un peu plus tard, en 1846, le théâtre du Palais-Royal donna le Postillon de Mctm’ Ablon1 . L’une des scènes de ce plaisant dialogue fut chantée par Levassor. Ce dernier, à cheval sur une chaise, imitait le mouvement d’un postillon qui trotte.

1. H. Lefort. Le postillon de Mam’ Ablon, dialogue trouvé au bas de la côte de Ponthiéry, par Jean-Louis Lepailleux, garçon d’écurie, et mis en musique, par Bruno Ducornet, publié dans X Album comique, Paris, L. Vieillot.

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