COUPÉ DE GALA
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
muscadins et les incroyables ont été fertiles en curieux noms de baptême. Au mépris de l’égalité des citoyens, les jeunes gens riches recommencent à parader comme devant. L’extraordinaire détente, amenée par les journées de Thermidor, s’est propagée aux plus secrètes faces de la mode. Le luxe, un instant comprimé, recommence à se donner cours avec une insolence qu’avait à peine connue l’ancien régime; en 1799, Mercier écrit : « Depuis que le peuple est souverain et qu’il s’intitule lui-même ainsi, il est bien inconcevable qu’il se laisse écraser parfois comme sous l’ancien régime... Quoi! le jour même de la fête de la souveraineté du peuple, un citoyen périt sous les roues du cabriolet d’un agioteur... Opulence !
opulence! promène à ton gré tes chevaux, tes roues, ton insouciance pour des bras ou des jambes cassés! Tu règnes sans contestation sur le peuple souverain1 ! »
« Les vieilles voitures ont fait place à la berline plus légère, écrit encore le fidèle Mercier, à la désobligeante superbe, à la dormeuse immobile, au phaéton rapide, au whiski aisé, au cabriolet solo, à grelots et à sonnettes. Les voitures sont coupées carrément; elles sont haut montées ; leur marche est bruyante ; le siège du cocher est un large et long canapé à franges riches; il est juché si haut qu’on pourrait l’appeler un télégraphe... »
Dans la collection des Annales des Arts et Manufactures'1 , dans
1. Sébastien Mercier. Le nouveau Paris. Paris, chez Ch. Pougens et Ch. -Fr. Cramer,
2. O’Reilly et Barbier-Vémars (J. -N.). Annales des Arts et Manufactures, Mémoires technologiques sur les découver les modernes concernant tous les arts et métiers, les manu-