La Mésangère (M.). Journal des Meubles et objets de goût
DE LA RÉVOLUTION A NOS JOURS
exigeaient du jockey qu’il eût une jolie physionomie, qu’il représentât assez bien, sur le siège ou à l’arrière, l’adolescent cruel, l’Amour tyran des cœurs, comme elles représentaient elles-mêmes des figures de Vénus.
Les gravures de Debucoürt, d’Eisen, de Moreau, de Boilly ont transmis jusqu’à nous ces modes de nos aïeules. « Vous connaissez la charmante femme de chambre de Mme ***, dit une des légendes de ces gravures, et même vous connaissez son charmant jockey? — Je crois bien! C’est la même personne; à la toilette le matin, derrière le cabriolet l’après-midi. »
Une de ces planches célèbres, due au burin de Dcbucourt, nous permet d’apprécier la magnificence de quelques-uns des équipages
du Divin Directoire. Derrière un fond d’arbres et de personnages, arrêtés à la lisière d’une promenade publique, des équipages se profilent. Les uns disent la richesse du banquier, d’autres celle des courtisanes, d’autres la gloire d’un ministre ou d’un général. La plupart se sont repris à porter des écussons et des armoiries, tout comme avant la Révolution. Les cochers et les jockeys descendus de siège se groupent devant les affiches fraîchement collées : Une fête de nuit, rue de la Lune; du rouge pour le teint, rue Poupée; maison de prêt, rue aux Juifs; Billard, rue Vide-Gousset ; etc.
Les voitures portent encore les noms bizarres dont les a affublées le Directoire ; tantôt ce sont des landaus-calèches; tantôt des demifortunes; tantôt des carricks importés d’Irlande; d’autres encore! Les