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LES PREMIERS OMNIBUS. — LES FIACRES

Quand apparurent les premières voitures dites omnibus , les quolibets ne tardèrent pas à pleuvoir contre l’innocent et très commode véhicule. L’ouvrage le plus humoristique et le plus drôlement écrit qui nous soit resté sur ce sujet parut en 1826 1 sous la signature fantaisiste de Cadet-Lablague.

L’ouvrage de Cadet (rien de commun avec Coquelin, qui lui aussi

sant sur un seul côté de la bouche par le croisement des guides ; quant à la berline à impériale bombée, elle n’était plus réparable et serait restée humide jusqu’à l’été suivant ; elle fut réformée. De ce premier plongeon heureux, résulta le premier joli landau bas qui parut à Paris. »

1. Les omnibus, premier voyage de Cadet-Lablague de la Madeleine à la Bastille et retour. Paris, Chassaignon, in-8°.

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

est inénarrable dans un monologue d’omnibus) commençait comme toute chose séditieuse, par une chanson sur l’air de : Connaissez-vous les hussards de la Garde ? Voici ces couplets que nous nous faisons un devoir d’exhumer des vieilles armoires de nos aïeux :

Vous qui courez après les aventures,

Ne r’gardez point ceci comm’ des rebus,

Pour en trouver prenez donc ces voitures Que dans Paris on nomra' des omnibus.

On y rencont’ des fill’, des femm’, des veuves,

De ces maris qu’ leurs épous’ rim’ en us Et des beautés qui veulent passer pour neuves Quoiqu’elles soient au nomb’ des omnibus.

Vous qui courez, etc.

Sur les boul’vards quand les chalands leux manque Vous entendez un essaim de Vénus Dir’ si j ’ savais gagner un billet d’ banque J’irais tenter fortune dans l’omnibus.

Vous qui courez, etc.

Ah ! quel bonheur, si ceux qui dans la France Cherch’ à ram’ner le vieux temps des abus,

Nous faisaient grâce de leur triste présence Et pour toujours filaient dans T omnibus.

Vous qui courez, etc.

En chansonnant ces voitures publiques A la gaîté nous payons nos tributs Et n’ voulons pas blesser par nos critiques L’s’entrepreneur d’utiles omnibus.

Vous qui courez, etc.

L’auteur, agréable fumiste, commence son ouvrage en prenant le Pirée pour un homme et en insinuant que le mot omnibus ne peut être que le nom d’un village. Ensuite, il nous narre dans le style le plus pittoresque et le plus bouffon du monde le récit de son premier voyage en omnibus de la place de la Madeleine à la Bastille : « Nous suivîmes paisiblement les boulevards où notre phaéton échangea quelques gueulées avec les cochers de fiacres de la place », dit-il d’abord. Puis, après avoir annoncé la présence dans l’omnibus d’un couple évidemment conjugal, Cadet raconte l’entrée d’un nouveau voyageur : « ... J’écoutai tout cela en regardant le mirliflore qui me paraissait ne pas valoir une claque, lorsqu’un nouveau voyageur entra dans la

DE LA RÉVOLUTION A NOS JOURS

voiture. Il était un peu aviné : on lui fit de la place, et, sans façon,

il fut s’asseoir auprès de la dame; il la regarda avec beaucoup d’attention; son joli minois agit sur ses sens, et il approcha de trop près la belle voyageuse. Elle recula, il suivit le mouvement. La dame se plaignit, le mari fît une observation ; notre homme ne l’écouta pas et le soupirant, dont j’ai déjà parlé, prit un ton plus élevé; il apostropha d’une manière très énergique le passionné buveur qui trouva plus expéditif de répondre à son antagoniste par un coup de poing qui lui fut rendu sur-le-champ.

Le mari veut mettre le holà, la dame crie aussi ; on se frappait; la mêlée devint générale, et, comme le champ de bataille était très étroit, on se poussa. La portière était ouverte; le mari sort un peu précipitamment et

se trouve sur le pavé avec notre ivrogne.

Son épouse le suit, mais, en voulant descendre elle manque le marchepied et tombe la tète la première sur le boulevard, les jambes en l’air et montrant ce qu’on a l’habitude de cacher. Celui quis’étaitdéclaré

son champion veut lui porter secours, mais, hélas ! il tombe et couvre de sa figure ce que je n’ai pas voulu nommer... »

FIACRE PARISIEI*

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