GRAND COUPÉ DE MAITRE
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
Tableau amusant et vif, très parisien, avec cependant, au surplus, une légère pointe d ’ humour. Si le commencement de la querelle dans l’intérieur du véhicule est digne des meilleurs comiques français, l’épilogue de la chute, sens dessus dessous, des voyageurs furieux évoque le souvenir de ces planches de Rowlandson où l’on voit, dans une descente d’escalier rapide, nombre de museaux de muscadins venir se poser là où la pudeur ne nous permet point de relever les jupes. Et puis, la gueulée des cochers avec leurs confrères des remises et des fiacres de louage, la lenteur du trajet, les cahots de la voiture, les lazzi du public, les moqueries des gamins, comme tout cela est à l’ordre du jour et comme tout cela, aujourd’hui encore, nous semble avoir conservé son cachet, son esprit et sa grâce d’autrefois.
D’après YAlmctnach des Omnibus, des Dames blanches et autres voitures nouvellement établies1, nous sommes renseignés sur l’itinéraire et sur les directions diverses suivies par les nouvelles voitures. D’après Y Almanach officiel clés omnibus paru en 1828 2 * nous apprenons que le prix des places, dans ces véhicules de nouveau genre, était déjà de 30 centimes.
Après avoir débuté à Nantes, d’une façon presque triomphale, les omnibus ne manquèrent point de remporter à Paris un succès mérité. Les premiers omnibus, dont Cadet-Lablague nous a si drôlement raconté l’ordinaire aventure, contenaient, en moyenne, quatorze places. « Le cocher, dit Bastard, assis sur son siège, pèse sur une pédale à soufflets communiquant à plusieurs trompettes, qui entonnent, pour se frayer un passage à travers le flot parisien, une fanfare bruyante et contribuent par leur vacarme à l’engouement du public pour ce nouveau geni4© de sport. »