L’OBÉISSANTE. PREMIÈRE VOITURE BOLLÉE
LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE
nous de ne point entreprendre cette partie si intéressante et si moderne de la locomotion sans dire un mot de cette brillante association sportive, qui, indépendamment de sa valeur et de sa richesse technique, se recommande encore par la propagande morale et par la valeur des idées de décentralisation qu’elle contribue à répandre.
Le cyclisme comme moyen effectif de fraternité, qui eût jamais songé à cela? Qui eût jamais songé qu’une association comme le Touring-Club de France, capable de réunir près de 80000 adhérents, pût devenir un moyen politique de relations entre provinces tout comme le chemin de fer lui-même? — Les plus grands noms de France, comme les plus modestes, ont tenu à faire partie de cette association, dont le président, M. Ballif, par son mérite personnel autant que par la belle tenue qu’il a donnée à l’œuvre, mérite l’approbation et l'encouragement unanimes.
L’approbation et l’encouragement reviennent aussi de droit aux actifs constructeurs dont le génie chercheur ne dédaigne aucune occasion de modifier la façon du cycle en y combinant quelque procédé de traction plus rapide encore et moins fatigant pour le véloceman. Lèvent, la vapeur, l’électricité, ont, tour à tour, été employés diversement comme moyens dirigeants du cycle.
Disons que le quadricycle, le tricycle et le bicycle ont successivement passé par les divers avatars des formes les plus inimaginables. Le monocycle seul n’a pas été trouvé encore. « Placer le veloceman au-dessus de la roue, dit Deharme, nous doutons que son équilibre soit bien stable. Le placer au centre, il ne nous semble pas beaucoup plus solide : la roue se trouve réduite à une jante assez facilement déformable, et la transmission de mouvement ne paraît pas devoir être simple1...
Les perfectionnements apportés à la construction des cycles ont ■ été nombreux : le frein, le gouvernail, la lanterne, les burettes de graissage, la selle ont reçu des améliorations successives. L’invention du pneumatique, à son tour, est venu ajouter, à l’art du cyclisme, son plus puissant moyen de locomotion. Le caoutchouc adoucit de beaucoup les chocs que présentent les mille rugosités du sol; il supprime le cahot désagréable des pavés et des ornières; il ajoute une sorte de cadence berceuse à la marche sur les surfaces unies.
1. Un M. Jackson aurait fait un voyage de Paris à Versailles ou à Saint-Cloud sur un monocycle. Dans ce cas, le veloceman placé au milieu du cercle était porté par une circonférence concentrique à la roue et qui frotte sur des galets. C’est en inclinant le corps à droite ou à gauche qu’il dirigeait l’appareil.
CYCLISME ET AUTOMOBILISME
Les métaux de la meilleure façon et les plus légers ont été appliqués successivement à la fabrication des vélocipèdes. Le fer a remplacé le bois; puis on s’est servi de l’acier; enfin on a employé le bronze d’aluminium.
Des moyens de locomotion étrangers à ceux de la simple traction des pieds ont enfin été substitués, dans plusieurs cas, à ceux de la traction ordinaire. Citons les vélocipèdes à vapeur et les tricycles à pétrole.
Le premier vélocipède à vapeur fut signalé par Y Univers illustré (gravure à l’appui) dès 1869, avec, comme commentaires naturels, ces raisons aussi excellentes que possible : « Il était naturel que quelque cycliste eût, un jour ou l’autre, l’idée de se soustraire à la fatigue de la sellette et aux travaux forcés de la pédale, en montant un vélocipède muni d’une machine motrice indépendante que lui, cycliste, n’eût plus qu'à diriger, tandis que, bien assis dans un siège confortable, il pourrait, à son choix, lire son journal, ou contempler à loisir le paysage, en fumant son cigare. Ce cycliste-là était paresseux. »
Paresseux, soit, dirons-nous avec YUnivers illustré, mais intelligent. Pour celui-là au moins ne seront pas perdues les admirables sensations de la campagne et les contemplations artistiques les plus pures. Lui au moins ne sera pas un esclave de la bécane, un de ces individus hybrides, tout en cuisses et en mollets, dont le cerveau complètement déprécié semble avoir abandonné les régions supérieures pour redescendre dans les talons.
Le premier tricycle à vapeur dit Serpollet, à générateur instantané, avec deux grandes roues à l’arrière, dont une motrice et une directrice à l’avant, date de 1887.
Le pétrole, utilisé comme moyen de chauffage, fut essayé, la première fois, pour actionner une voiture, par M. Pierre Ravel, ainsi que le constate un brevet à la date du 2 septembre 1868. « A cette première chaudière devaient succéder, plus tard’, les nouveaux brûleurs, qui amenèrent la voiture Serpollet à pétrole; puis l’on vit apparaître les types d’automobiles légers ou voiturettes à -pétrole qui mirent en pleine lumière, au premier plan, les tricycles de Dion, Gladiator, Léon Bollée, Decauville et le quadricycle Gladiator.
Le manque de place nous interdit de parler des tandems, des cycles de tous genres et aussi de ces cycles-voiturettes dont le con-