VOITURETTE (TANDEM, LEON BOLLEE
1. Voir Léon Pontet. Merveilleuses aventuras d’un veloceman, où se trouvent des aperçus plaisants sur les variétés les plus drôles de l’industrie cycliste : « Tout en étant au lit, je repassais dans ma tête les choses merveilleuses que j’avais déjà vues : d’abord le vcloharmonie, le cyclopompe et le cyclotram; puis l’aérocycle, le venticycle et l'aquacycle ; enfin le télécycle et le glebocycle. Je pensais à tous ces êtres, hommes pt animaux, ne se mouvant qu’en bicycles, et jusqu’au farinecycle pour faire tourner les roues de moulins...
LA LOCOMOTION DANS L'HISTOIRE
genre de traction encore peu employé. Tout autorisait une découverte que les chemins de fer contemporains venaient rendre, une fois de plus, facile à faire et que la vulgarisation du cycle achevait de faire croire inévitable. On peut retrouver, jusque dans l’antiquité, trace de cette locomotion sans chevaux qui fut le rêve secret des Archimèdes de tous les temps.
Pourtant, ce n’est guère qu’au xviP siècle que les premiers balbutiements do cet art d’une carrosserie si éminemment différente de l’ancienne commencèrent à se formuler. Dès 1 666 1 furent entreprises de curieuses recherches sur la mécanique appliquée à la locomotion.
Cela ne donna tout d’abord que de pauvres résultats et n’aboutit qu’à la grossière construction de primitives voiturettes de jeu dont s’amusèrent les enfants.
Pourtant, l’idée était en germe et ne tarda pas à rencontrer de nouveaux adeptes; le rêve de la chaise roulante, du carrosse méchanique s’empara des meilleurs savants du temps et bientôt quelques essais d’automobiles furent tentés. « A Paris, à Londres, à Francfort, écrit John Grand-Carteret2, circulaient ainsi ces voitures ou chaises « aux mécanismes cachés », dit un gazetier du Mercure de France, « qui pouvaient laisser croire à quelque invention diabolique ». Et, en réalité, ajoutait le rédacteur, « c’est chose merveilleuse de voir les gens ainsi rouler ».
Ozanam, à son tour, signale la présence, à Paris (dans un ouvrage édité à Amsterdam, chez Georges Gillet), d’un quadricycle automobile. Voici comment il en formule le programme qui s’accorde d’ailleurs assez bien avec les définitions que peuvent donner aujourd'hui, de leurs machines, les membres de l’Automobile Club de France : « Construire un carrosse dans lequel on se puisse conduire soi-même, là où on voudra sans aucuns chevaux. » Aussi il n’est pas encore question de moteurs à pétrole ou d’accumulateurs électriques, et le véhicule se contente d’être mis en mouvement par un laquais péda-
1. Voir Machines et inventions approuvées par V Académie des Sciences depuis son établissement.