‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 36 sur 247 · INDE · texte numérisé non relu

INDE

Ces bas-reliefs de Ninive nous donnent quelques précieuses indications sur les chars de l’Inde. Quelques-uns y sont, en effet, représentés, et cela nous permet d’en apprécier la forme. Cette forme est relativement simple, bien que surchargée par des ornements de

1. Voir P.-E. Botta. Monuments cle Ninive. — M. A. La yard. The Monuments of Nineveh. — E. Flandrin. Voyage archéologique à Niuive ( Revue des Deux Mondes de 1845).

2. E. Chester. Histoire et rôle du bœuf dans la civilisation.

3. Voir Racinet. Les Costumes historiques à travers les âges. — Ber.teau (Ch.). The Horses of Antiquity, Middle Age and Renaissance from the earliest monuments to lhe XVIe century (London, Dulau, 1864, in 4°).

toutes sortes. Comme dans la mythologie ninivite, nous constatons que le taureau symbolique occupe, dans le panthéon religieux des Hindous, une place importante. Le musée Guimet possède un basrelief représentant Civa et Parvati sur le taureau Naudi. Ce bas-relief

est aussi explicite 1 que ceux des fouilles de Khorsabad en Assyrie. Il est une preuve de plus apportée à la réalité du religieux hommage rendu aux animaux utiles à la locomotion, à l’alimentation et au labour. Nulle part plus que dans les Indes, peut-être, les chars ne se trouvent jouer un rôle de telle importance.

Tout le monde connaît de réputation cette coutume barbare de célébrer par des massacres annuels la fameuse fête triomphale du char de Jaggernat2. C’est là une grandiose et millénaire coutume, un reste de la superstition aveugle des vieux siècles, et le récit de ces pèlerins, qui se précipitaient sous les roues pesantes pour y recevoir la mort bienheureuse, est assez décrit dans les relations des voyageurs sans que nous ayons besoin de nous y arrêter. Une charmante fable hindoue demeure, c’est celle du Chariot d'enfant. Sur cette fable délicieuse, Gérard de Nerval et Méry avaient composé un drame indien en cinq actes et sept tableaux, tiré des écrits du roi Soudraka. Le thème repose sur ce récit charmant d’un enfant attristé et qui désire la possession d’un chariot d’or, semblable à celui qu’il a vu dans les mains de l’un de ses camarades. Que tout le monde relise ce poème délicieux, cette idylle exquise de la vieille mythologie védique. Le récit de MM. Gérard de Nerval et Méry est d’une perfection achevée; Théophile Gautier, avec raison, l’avait surnommé « une pagode sculptée en vers ».

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