LA GRÈCE
Homère au nombre des arts a placé la locomotion, et, dans É|
son chant immortel, nous retrouvons des indications précieuses sur la construction même des chars hellènes : « La vénérable déesse Hérè, s’écrie-t-il, fille du grand Kronos, se hâta de mettre à ses chevaux leurs harnais d’or. Hérè attacha promptement les roues au char, aux deux bouts de l’essieu dè fer. Et les roues étaient d’airain à deux rayons; et les jantes étaient d'un or incorruptible, mais, par-dessus, étaient posées des bandes d’airain admirables à voir. Les deux moyeux étaient revêtus d’argent, et le siège était suspendu à des courroies d’or et d’argent, et deux cercles étaient placés en avant, d’où sortait le timon d’argent, et à l’extrémité du timon, Hérè lia le beau joug d’or et les belles courroies d’or. Puis, avide de discorde et de cris de guerre, elle soumit au joug ses chevaux aux pieds rapides 2. » Quelle description plus riche que celle du vieil aède nous renseignera mieux sur l’usage des transports de guerre à Athènes, à Troie et à Lacédémone? Homère parle la langue des dieux, et quand il nous peint ces combats immortels, ne nous semble-t-il pas
1. Le Théâtre de l’OEuvre a représenté, ces années dernières, une pièce intitulée : Le Chariot de terre cuite, dont l’auteur, M. V. Barrucand, a extrait le thème du récit du roi Soudraka.