‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 44 sur 247 · J. Schefferus. De fie véhiculant veterum, libriduo · texte numérisé non relu

J. Schefferus. De fie véhiculant veterum, libriduo

Le luxe éclatant des voitures se développa surtout au commencement et au milieu de la République. Ce genre de transport, qui n avait été permis qu au citoj'en de marque, ne tarda pas de tomber à 1 usage du vulgaire. Le sénateur Métellus1, ayant eu le grand courage de sauver un jour des flammes, au péril de ses jours, le palladium du sacré temple de Vesta, s’était vu accorder la faveur de pouvoir circuler sur les voies romaines dans un char décoré. A sa suite, nombre d’autres, par vanité, s’efforcèrent d’obtenir ce privilège. La somptuosité des attributs forgés, l’insolence des dorures, la mollesse des coussins et des tentures étalaient aux yeux des censeurs un trop orgueilleux et trop bruyant spectacle.

Dès 21 4 avant Jésus- Christ, la loi Appia défend aux femmes de se servir des voitures dans Rome et dans les autres villes ou à un mille de leur enceinte, sauf en cas de sacrifice public2, mais cette ordonnance demeure lettre morte et doit être abrogée. César (195), aussi rigoriste, n’admet les chars qu’à la guerre. Les livrées tapageuses des cochers l’exaspèrent; il désire garder pour lui seul toute la pompe des cortèges. La lex Julia municipalis nous apprend que des édits consulaires interdisaient, pendant le jour, l’usage des chariots de charge dans les rues de la ville. Rome est propre, Rome a le respect de ses voies, de ses forums, de ses splendides jardins. 11 ne faut pas que la circulation publique soit troublée par l’abondance des litières et des chars tapageurs. Antonin le Pieux mitprdre au luxe exagéré des transports et des montures. Le sévère Màçc-Aurèle alla plus loin encore3 : il interdit l’usage des chevaux et même des voitures. Mais ces édits impériaux ne tinrent pas longtemps contre l’usage. De bonne heure l’accroissement des travaux, des industries et des voyages de toutes

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