LITIÈRE ROMAINE A HUIT PORTEURS
Dès qu’elles eurent droit de cité, les entreprises particulières de voitures de louage ( rkeda meritoria, meriloria véhicula : Scet. Les Douze Césars, Vie de Caligula ) ne tardèrent pas à inonder les voies neuves de leurs nombreux transports. L’entreprise des postes augmenta encore cette affluence. Ce service ne fonctionna réellement qu’à partir d’Auguste (32 av. J.-C. — 14 apr. J.-C.) Cet empereur autorisa l’emploi des chars pour le transport des dépêches. C’était là un grand progrès et qui ne contribua pas peu au développement économique et intellectuel de ce temps de lumière et de génie. C’est à Auguste qu’on doit aussi le fameux milliaire doré que l’on plaça au centre de Rome et d’où l’on pouvait compter facilement toutes les
1. 'Voir Grasset-Saint-Sauveur. L’Anlique Rome. — Delisle df. Sales. Lettre cle Brutus sur les chars anciens et modernes. — Daremberg et Saglio. Dictionnaire d’antiquitésgrecques et romaines. Bulletin des antiquaires de France. Magasin pittoresque.
2. Cortèges historiques et moyens de transport, par A. IIejm et Cattier.
distances. Ce grand empereur, comme on le voit, fut un homme de progrès et un ami de la locomotion.
Quelques vases étrusques nous permettent d’apprécier, en étudiant les images qui les ornent, la perfection des transports postaux dus à l’initiative d’Auguste. L’un de ces plus anciens transports est le cisium qui, par sa construction et sa légèreté, ressemble assez à notre cabriolet de France ou, comme le très érudit baron de Wismes nous le fait remarquer, au calessin des hommes de Naples. On prétend même que c’est dans l’un de ces cisium, que le poète Horace se rendit de Rome à sa campagne de Brindes1. Du moins la description que lui-même a donnée de ce char nous autorise aie croire. Mais puisque nous sommes au siècle d’Auguste et que le nom charmant d’Horace vient sur nos lèvres, écoutons ce que dit le poète des fameuses courses de chars :
Sunt quos curriculo pulverem Olympiam Collegisse juvat, metaque fervidis Evitata rôtis, palmaque nobilis Terrarum dominos eveldtat deos.
Après quoi, entrons dans Rome.
... Un monde compact se presse aujourd’hui dans les voies romaines, sur le parcours des licteurs. Tous les citoyens ont abandonné leurs demeures. Les riches patriciens, les proconsuls, les tribuns, sur des chars magnifiquement ornés, encombrent Rome entière, du mont Antonin au mont Capitolin, de l’aqueduc de Valens à l’amphithéâtre Flavien. Les légions passent, soulevant les enseignes militaires, devant l’image des dieux. La voie Appienne est encombrée de chars. N’est-ce point par là que le jeune empereur Antoninus Elagabale doit faire son entrée dans Rome, au milieu de l’éclatant tumulte de sa suite orientale? — Déposons une couronne de roses, en offrande aux lares familiers du logis; le temple de Janus est aujourd’hui fermé : il y a réjouissance pour le peuple de Rome. — Çà, que les esclaves attellent les mulets à mon covinus , ma petite voiture d’agrément. Rien n’est plus léger que ce véhicule que Martial aima au point de le célébrer2. Cocher, attelle mes dociles