Hérodien. Vie d’Ile'lior/abale
L’ANTIQUITÉ
des nuées de guerriers combattent, tantôt porteurs de la litière légère où la reine de Saba, odorante d’amour et de fleurs, parée de joyaux, écoute la chanson voluptueuse que lui chante une esclave syrienne, laquelle sait plusieurs langues et tour à tour célèbre sa
puissante et charmante reine dans la musique des différents dialectes. L’Inde nous avait présenté aussi, dans ses pagodes énormes et ses temples aux idoles sanglantes, les figurations formidables d’éléphants, de pierreries et d’or.
A Carthage nous ne sommes pas moins surpris et pas moins enchantés. Le magicien Gustave Flaubert1, dans un chef-d’œuvre aussi immortel que le chant des vieux aèdes, nous a retracé, de main de maître, les combats qui se sont livrés autour de Carthage. Qui n’a lu et relu ces pages profondes et belles, d’une si haute perfection, où s’entre-choquent avec un cliquetis d’armes et une violence guerrière les armées de Narir’ Havas et de Mathô contre les troupes du vieux suffôte. « Deux cohortes d’éléphants, dit Flaubert, la bordaient régulièrement [l’armée] ; tout en frissonnant ils faisaient