Racinet
3. Voir Jacquemont. Voyage dans l’Inde. — Dubois de Jancigny. L’Inde.
A TRAVERS L’UNIVERS
Dans l’Inde, comme au Japon, comme en Chine, le luxe de la locomotion s’étend à la beauté des barques.
Celles-ci sont effilées en forme de gondoles. On les appelle fyl-tchiarra (têtes d’éléphants) parce qu’à la proue l’image sculptée de ces animaux se trouve saillir; d’autres portent le nom de mourponnky (têtes de paons)! Ces bateaux de plaisance sont ordinairement jonchés de fruits et de fleurs. Ceux du Maha-Radjah de Kachmir ont une réputation universelle; ce sont de véritables palais flottants. Des oiseaux, des gerbes, des pierreries, des tentures y apportent un luxe et un charme extraordinaires.
Le gonga, ou barque de moindre importance, est employé sur les étangs.
Il y a aussi les barques marchandes. Celles-ci, généralement, sont gréées en tartanes 1 ; leur avant est svelte et leur arrière est chargé d’une lourde dunette qui a quelquefois deux étages et qui sert de logement aux armateurs et*aux négociants. Les barques destinées au transport du coton en sont généralement si encombrées que c’est à peine si le mât peut en sortir et les voiles se diriger. Ces barques s’orientent un peu comme elles peuvent. Mais les mariniers hindous sont prudents et patients. Ils ne s’éloignent jamais de la côte et, quand le soir vient, ils s’empressent d’atterrir pour passer la nuit...
Aujourd’hui Bombay a pris un aspect européen. Les rues importantes, comme celles de nos capitales, sont encombrées d’omnibus et de nombreuses voitures ; des calèches élégantes, que tirent des chevaux arabes on mahrattes, sillonnent les avenues; le hackerry lui-même a subi des transformations et, depuis quelque temps, la mode est aux ruths, sorte de petites voitures au dôme doré.