‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 84 sur 247 · Voir Y Illustration (1894, 'p · texte numérisé non relu

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A TRAVERS L’UNIVERS

par Eribert, archevêque de Milan, ne tarda pas à devenir à la mode. Ce prélat ordonna qu’un mât élevé comme celui d’un vaisseau fût planté sur un fort chariot (à quatre roues probablement). L’extrémité de ce mât se trouva surmontée d’un globe doré : deux banderoles blanches, en flottant alentour, s’y enlaçaient. « Entre ces dernières, dit l’érudit Ramée, et sur une traverse, était suspendue une bannière énorme sur laquelle était peinte l’image du Sauveur des chrétiens, sur la croix, les bras étendus. Cette image dominait et semblait embrasser du regard les troupes qui l’entouraient, afin que de leur côté, quoi qu’il arrivât, elles eussent la consolation de pouvoir élever les yeux vers elle ! »

Béatrice, femme de Charles d’Anjou, entra à Naples, montée dans un char paré de velours bleu de ciel et décoré de fleurs de lys en or. Ce genre de véhicule italien s’est transmis jusqu’à nous, sous le nom de caretta. Il est fort commun, aujourd’hui encore, dans la cité napolitaine. Comme il arrive, dans ce singulier pays, que les promenades n’ont pas lieu quand il pleut, toutes les voitures de louage sont découvertes. Les conducteurs de calèches et de tilburys, les cochers de toutes sortes, coiffés du bonnet rouge et vêtus de la veste brodée, se pressent aux portes de la ville. Il y a là des currichi, des carriboli, des calessi, des calessini vous proposant, d’une voix doucereuse, des excursions aux villes environnantes : Baïa, Cumes, l’Averno, Portici, Ercolano, Pompéi. La voiture que loue le voyageur, par exemple, ne tarde pas à être envahie par un, par deux ciceroni qui se proposent de vous guider dans les lieux les plus connus ou les plus inconnus de la cité.

Puis c’est un garçon d’hôtel, un paysan, un chien, tous gens de la plus libre allure et qui, tout en voyageant à vos dépens, ne cessent de vous accabler des offres les. plus mirifiques...

Mais, demeurons au moyen âge. Retournons, si vous le voulez bien, à cette époque où, comme dit Ramée, « il n’y avait point encore des carrosses et où les femmes les plus élégamment parées, le jour de l’entrée de l’empereur Frédéric II à Padoue, se virent dans l’obligation de se rendre au-devant de lui montées sur des palefrois ornés de riches harnachements1 ».

D’après Pierre-Jean Grosley2, avocat à Troyes, Naples est la ville la plus importante où l’usage des carrosses se soit, de bonne heure,

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