‹ La locomotion à travers l'histoire et les moeursChapitre 85 sur 247 · Seclentes in phaleratis et awibulantibus palaf redis · texte numérisé non relu

Seclentes in phaleratis et awibulantibus palaf redis

2. Pierre-Jean Grosley. Observations sur l’Italie et les Italiens (1764).

LA LOCOMOTION DANS L’HISTOIRE

répandu. Les voitures de deux, quatre et même six chevaux furent bien vite employées par l’aristocratie de cette ville, aussi bien dans les cérémonies publiques que privées. Rome, Florence, Milan ne tardèrent pas à suivre l’exemple de Naples. Les Médicis furent de grands amateurs de locomotion. Cette famille illustre protégea le plus qu’il fut en son pouvoir les carrossiers de l’époque. La reine Catherine, femme de Henri II, introduisit, paraît-il, en France, ce progrès dans l’art de rouler jusqu’alors négligé. Plusieurs historiens, du moins, l’affirment par leurs écrits.

Nous avons vu de quel usage était pour le clergé l’emploi des véhicules dans les processions. Voyons donc, maintenant, comment se composait le cortège de promenade du souverain Pontife : cette locomotion sacrée était des plus simples. Elle ne consistait ni en carrosses magnifiques, ni en superbes attelages. Une mule, un cheval, cela suffisait au successeur de saint Pierre. Par exemple, disent les auteurs, il fallait (si c’était un cheval) « que ce cheval fût blanc, doux, sans méchanceté, docile et bien dressé ». Le pape atteignait à sa monture au moyen d’un escabeau à trois degrés ou marchepied qu’on lui apportait tout exprès1. S’il y avait, devant lui, un empereur ou d’autres rois, ils devaient lui tenir l’étrier pour l’aider à monter à cheval; il devait aussi conduire la mule ou le palefroi par la bride tant que durerait la promenade du souverain Pontife !

Nous ne nous étendrons pas longtemps sur la locomotion espagnole. Celle-ci est presque parallèle à la locomotion italienne. On peut dire qu’elle a subi un développement identique et que c’est à peu près le même genre de véhicules qui, sous d’autres noms, triompha à Madrid, à Burgos, à Valladolid ou Séville ! Parlons seulement, si vous le voulez bien, de ce char de la Vierge que les catholiques d’Espagne promènent, dans les rues de Valence, les jours de processions religieuses. Cette fête, jusqu’en ces derniers temps, était encore fort en honneur2. Un public nombreux y assistait. Les hommes, le plus souvent, y figuraient dans des costumes pittoresques. Plusieurs, qui avaient adopté les masques du lion, de l’ange, de l’aigle et du taureau prétendaient y représenter les quatre Evangélistes. D’autres chars appelés rocas suivaient le char principal. Alentour marchaient des groupes de moissonneurs, porteurs de gerbes. Plusieurs en ornaient les roues et les sièges des véhicules,

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