Queue. — La queue qui forme gouvernail dans le
plan vertical, forme complément au régulateur ; elle porte une charge assez forte et doit faire des efforts assez considé^ râbles. Elle est mue, soit par le conducteur au moyen du treuil, ou au commandement de celui-ci, par un homme (ou limonier), placé à l'arrière et agissant sur le levier. L'expérience indiquera les dimensions à lui donner.
63. — Hélice. — L'hélice est placée à l'avant en proue, les ailettes prennent leur inclinaison sous l'effort de rotation, soit par torsion des bras disposés en conséquence, ou en forçant sur des ressorts, desquels on peut régler la tension, de sorte qu'au repos ces ressorts ramènent les ailettes en ligne dans le sens de la marche, et elles, ne présentent ainsi aucune résistance au mouvement.
La planche 'V, qui représente une étude d'aéroplane pour un homme, indique suffisamment les dispositions conçues ; les régulateurs sont supprimés, car l'homme pouvant se déplacer dans une certaine mesure et formant le plus grand poids dans l'ensemble, peut corriger les effets de tangage et rouUs, ou les produire à volonté.
Le mouvement est transmis à l'hélice par deux pédales. Le mouvement de l'héUce est circulaire continu.
64. — Mise en marche. — Il est incontestable que l'impossibilité de s'élever verticalement, rend difficile la mise en marche, il faut acquérir une vitesse horizontale avant de quitter le sol, et ce point est à mon sei^ la véritable pierre d'achoppement. Sur une route, l'aéroplane mû par un homme et muni de deux roues, peut prendre sa vitesse ; l'appareil ne pesant que 20 à 25 kilos, peut encore être transporté si, ayant pris terre dans un terrain quelconque, il ne peut s'enlever à nouveau parce qu'il ne peut y rouler.
Mais l'aéroplane à vapeur ne peut se manœuvrer ainsi; on ne peut le munir de roues qui ne rouleront pas dans la plupart des cas ; je l'ai muni de patins qui peuvent gUsser sur certains terrains plats et découverts, ou légèrement inclinés. On voit
de suite qu'on ne peut atterrir sans choisir un terrain propice à un départ nouveau. Si le gUssement commence, il continuera, car l'appareil perdra de poids de plus en plus ; il faut que l'action soit puissante et rapide ; l'appareil doit prendre la vitesse voulue sur une trentaine de mètres, et en un lieu dépourvu d'arbres et constructions sur une assez grande étendue, car la rampe, suivant laquelle il s'élèvera, sera faible.
Leis vastes prairies, les grandes plages sablonneuses me semblent propres aux essais et aux études de ces appareils, afin de reconnaître comment ils sont centrés, s'ils ont tendance à piquer tête, ou à s'incliner sur un côté, du champ qu'il faut prendre pour pouvoir exécuter une évolution ; ce n'est qu'une fois qu'on aurait une habitude suffisante, que l'on pourrait se risquer à un voyage à une certaine hauteur.
On aura à se méfier des ravins et des flancs de coteaux, où se produisent des courants ascendants et descendants, qui pourront surprendre les navigateurs s'ils ne passent pas audessus à une hauteur suffisante; l'influence d'une rivière, d'une forêt, devra se faire sentir également.
Les petits tourbillons ou cyclones seront à redouter.
Enfin les effets inconnus, semblables au mal de mer, ou autres, qui pourront agir sur les navigateurs et influencer sur les débuts, sont à prévoir aussi.
Je ne donne donc mes appareils que comme un aperçu de ce que je crois réalisable, sans avoir la prétention de croire qu'il n'y a rien de mieux à faire. Ce sont des appareils primitifs.
65. — Proportions des aéroplanes. — D'après les études précédentes, j'ai admis pour des aéroplanes de différentes puissances les proportions suivantes :
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