‹ La locomotion aérienne;Chapitre 22 sur 23 · QQ · texte numérisé non relu

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Les surfaces ont été portées au double de celles qui résulteraient de la loi naturelle des planeurs animés, afin de diminuer le travail de propulsion en réduisant la vitesse. Le travail faible indiqué est celui à dépenser en air calme pour donner la vitesse de 5 à 7 mètres par seconde, nécessaire à produire l'équilibre complet du poids total.

Le travail maximum est celui que rhomme pourra dépenser pendant quelques minutes : ou celui que les machines pourront fournir pour augmenter la vitesse, s'élever suivant une rampe plus ou moins forte, ou pour donner la forte traction qui sera nécessaire à produire le glissement au départ; traction qui pourra atteindre le I/IO du poids total. 11 faudra donc que le terrain soit d'une nature propice au glissement et en pente.

Si un courant existe, le départ est naturellement facilité par l'allégement qui en résulte.

Si, comme il est probable, le glissement ne peut être effectué dans la majeure partie des cas, parce qu'on aura atterri dans des terrains impropres à le permettre, on sera obligé d'attendre un vent propice, suffisant à produire l'ascension verticale, ou à alléger le poids suffisamment pour permettre le glissement, ce sera un inconvénient sans doute, mais les navires à voile n'y sont-ils pas sujets? ne sont-ils pas condamnés à ne pouvoir quitter le port ou à rester en panne s'il ne fait pas de vent? Cet inconvénient n'en a pas empêché l'usage sur une vaste échelle.

En tout cas, on devra, autant que possible, ne pas atterrir dans des bas-fonds, ou sur des sommets. Les plaines découvertes, les plateaux élevés sont désignés d'avance comme lieux d'atterrissage et de départ.

L'appareil devra toujours être placé tête au vent et la queue légèrement relevée, et il doit, dans la position horizontale des parties, donner autant de levée à l'arrière qu'à l'avant, il doit s'enlever d^ensemble en restant parallèle à sa position de départ; s'il s'incline en arrière, ce doit être par l'action voulue du conducteur afin d'augmenter la puissance ascensionnelle, et alors l'hélice aura à combattre l'efibrt d'entraînement qui se manifestera.

La descente verticale devra être évitée, elle serait instable et peut produire, la gîration; on descendra toujours obUquement, ce qui réduira la vitesse de chute.

Un rlhversement en arrière de l'appareil annulera là vitesse horizontale lors de ratterrissage> ce que l'on produira en relevant la queue.

Enfin, sur les quelques derniers mètres de chute, la descente verticale pourra s'opérer en ramenant rapidement la queue et les régulateurs à la position horizontale; il suffit, du reste, d'abandonner les régulateurs à eux-mêmes pour rendre nulle leur action.

L'appareil bien construit doit, comme Taérostat, revenir de lui-même pointe en tête dans tout courant relatif nouveau qui se produirait, autrement, s'il s'en écartait, il ne serait plus gouvernable. Les prises de flanc doivent donc agir davantage en poupe qu'en proue.

Le Iransport au sens perpendiculaire au vent, sera celui qui donnera la plus grande vitesse avec la plus grande économie de travail; les planeurs usent constamment de ce moyen.

On exécutera donc facilement avec les aéroplanes les combinaisons indiquées «u § 43, figures 50 et 51 . Je ne crois pas que l'on parvienne à rendre les tours d'équilibre dynamique du § 44, mais il ne faut jurer de rien.

Si on est surpris par la tempête , c'est de fuir^ tout en conservant la tête au vent, c'est-à-dire en gardant une certaine vitesse sur celui-ci, et de prendre une direction perpendiculaire au courant, jusqu'à ce qu'on se trouve dans une zone moins tourmentée; dans ce cas, il faut éviter l'atterrissage à tout prix.

Le plus prudent, est de ne s'aventurer que par des temps certains et de consulter par la vitesse des nuages les courants supérieurs.

On mesure la vitesse des nuages en plaçant deux miroirs réfléchissant le soleil à l'œil de l'observateur, à une distance de 3 ou 400 mètres l'un de l'autre et en une même direction parallèle à celle de ces nuages; l'occultation successive de chacun de ces miroirs par un même nuage donne, par le nombre de secondes qui s'écoule et la distance des miroirs, la vitesse très approchée du courant supérieur.

Pour les petits appareils pour hommes et enfants, les courants légers de 2 à 3 mètres de vitesse seront jfflRorables, mais ceux au-dessus de 4 mètres seront dangereux.

Les poids des appareils seuls , doivent être suffisants. J'ai pris pour comparaison de solidité l'aéroplane de 27 mètres carrés que j'ai construit avec du mauvais sapin blanc; il ne pesait que 50 kilos et était très résistant; cet appareil portait 150 kilos très facilement; en supposant des proportions semblables dans les dimensions linéaires, on a les poids indiqués au tableau pour les divers appareils, en fonction des surfaces agissantes, et si on admet qu'il sera employé des matériaux de choix, on peut considérer comme certaine l'exécution pratique des appareils dans les limites de poids que j'indique.

On remarquera que la stabilité au tangage et au roulis, par l'emploi de surfaces régulatrices, augmentera la dépense de force motrice; il faut donc tendre à en éviter l'emploi si c'est possible; c'est ce qu'une très longue expérience peut permettre de reconnaître.

Enfin, comme les aérostats, ces appareils seront encombrants, difficiles à remiser et à abriter, mais cette raison n'ayant pas enrayé la marche en avant des aérostats, des navires et des chemins de fer, n'arrêtera sans doute pas celle des aéroplanes.

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