‹ La locomotion chez les animauxChapitre 100 sur 130 · IDÉES DE PETTIGREW · texte numérisé non relu

IDÉES DE PETTIGREW

tiques à la base de l'aile si elle est d'une seule pièce, et à la base et dans le corps de l'aile si elle est de plusieurs

pièces.

Et, d'abord, quant au mode de construction.

Borelli, Durckheim et Marey prétendent que le bord antérieur de laile doit être Hgide;ie crois, au contraire, qu'aucune part de l'aile ne doit être rigide, pas même la marge antérieure, et que Taile doit être, en tous points, flexible et élastique.

On peut, je pense, démontrer par une foule de moyens que le bord antérieur de l'aile ne doit pas être composé d'une tige rigide. Si l'on fait vibrer avec la main une tige rigide, la vibration n'est pas douce et continue ; au contraire elle est irrégulière et saccadée, et caractérisée par deux haltes ou pauses (points morts), l'un se présentant à la fin du coup ascendant, l'autre à la fin du coup descendant. Cet inconvénient mécanique est accompagné de conséquences sérieuses en ce qui concerne la puissance et la vitesse — le ralentissement de l'aile à la fin du coup ascendant et du descendant impliquant une grande dépense de force et une désastreuse perte de temps. L'aile, pour être efficace comme organe élévateur et propulseur, ne doit pas avoir de points morts et doit être caractérisée par un rapide mouvement de van ou d'éventail. Elle doit se renverser et alterner avec la rapidité et la douceur les plus parfaites ; en fait, le mouvement doit paraître aussi continu que celui d'un volant en mouvement rapide : il en est ainsi chez l'insecte (fig. 64, 65 et 66, p. 192).

Pour obvier à cette difficulté, il est nécessaire, à mon avis, d'employer une baguette effilée élastique ou une

série de baguettes attachées ensemble pour faire le bord antérieur de Taile.

Si Ton prend une section longitudinale de canne de bambou, de dix pieds de long, et d'un pouce de large (flg. 117) par Textrémité, et qu'on la fasse vibrer, on trouvera qu'il produit un mouvement ondulé, sinueux, dont les ondes sont les plus grandes quand la vibration est la plus lente (lig. 118), et les moindres quand elle est la plus rapide (flg. 119). On trouvera de plus qu'à Textrémité de la canne où l'on communique l'impulsion, il y a un ferme mouvement alternatif dépourvu de points m,orts. Le mouvement continu en question est, sans nul doute, dû au fait que les diverses portions de la canne se renversent aux diverses périodes, — les ondulations produites étant à un mouvement interrompu ou vibratoire, à fort peu près ce que le jeu continu d'une roue-volant est à un mouvement rotatoire.

Aile ondulée de Pettigrew. — Si à une canne semblable on ajoute des baguettes effilées de baleine, qui rayonnent en dehors d'un pied ou à peu près, et si les baleines sont couvertes d'une mince lame de caoutchouc, on aura de suite produit une aile artificielle ressemblant dans tous ses points essentiels à l'aile naturelle (fig. 120). Je propose, à cause de la particularité de ses mouvements, de lui donner le nom d'aile ondulée (flg. 121). Si l'on fait vibrer à sa base l'aile en question (fig. 121), il se produit immédiatement une série de vibrations longitudinales (cde) et transverses (fgh); l'une des séries courant dans la direction de la longueur de Vaile; l'autre dans la direction de sa largeur (voyez p. 205). De plus cette aile se tord et se

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