‹ La locomotion chez les animauxChapitre 104 sur 130 · AILE ARTIFICIELLE ONDULÉE · texte numérisé non relu

AILE ARTIFICIELLE ONDULÉE

en choisissant un fin roseau élastique comme le représente ah de la fig. 124.

A ceci j'ajoute des couches successives (i, h, g^ f, e,) de quelque matière flexible, parchemin, bougran, toile cirée, ou même papier. Comme les couches empiètent Tune sur l'autre, il suit qu'il y a cinq couches à la marge antérieure (a b), et une seule à la postérieure (c d). Cette forme d'aile n'est pas tordue sur elle-même par structure, mais elle se tord et se détord, et devient une véritable hélice pendant son action.

Comment construire une aile ondulée qui évitera, l'air supérieur pendant le coup ascendant. — Pour construire une aile qui évitera l'air pendant le coup ascendant, il est nécessaire de la faire valvulaire, comme on le voit fig. 125.

Cette aile, comme l'indique la figure, est composée de nombreux segments étroits {fff] arrangés de façon que l'air, quand l'aile est mise en vibration, les ouvre et les sépare au commencement du coup ascendant, et les ferme ou les rapproche au commencement du coup descendant.

Le temps et la puissance nécessaire pour ouvrir et fermer les segments sont comparativement insignifiants, grâce à leur extrême étroitesse et à leur extrême légèreté. De plus l'espace qu'elle traverse en accomplissant son action valvulaire est excessivement petit. L'aile que nous examinons est en tous les points flexible et élastique, et ressemble dans tous ses traits généraux aux autres ailes décrites.

J'ai aussi construit une aile qui agit d'elle-même dans

un autre sens. Elle consiste en deux parties, — l'une faite d'un roseau élastique qui s'amincit vers l'extrémité; l'autre d'une voile flexible. Au roseau qui correspond à la marge antérieure de l'aile, des roseaux délicats amincis sont fixés à angle droit; le roseau principal et les subordonnés sont disposés dans le même plan. La voile flexible est attachée à la surface supérieure du roseau principal, et elle est plus raide à son insertion que vers son extrémité libre. Quand l'aile monte, la voile, à cause de la pression exercée par sa surface supérieure sur l'air, prend une direction très-oblique, de façon que la résistance éprouvée par elle pendant le coup ascendant est trèsfaible. Quand, cependant, Taile descend, la voile frappe dans une direction ascendante, les roseaux secondaires ne permettent jamais à sa marge postérieure ou libre de s'élever au-dessus de la marge antérieure fixe. La surface inférieure de Taile descend en conséquence de manière à présenter à la terre une surface à peu près plate. Elle éprouve une grande résistance de la part de l'air pendant le coup descendant, et la quantité de force élévatrice ainsi obtenue est très-considérable. La forme d'aile ci- dessus est plus efficace pendant le coup descendant que pendant Tascendant. Cependant elle élève et pousse pendant tous les deux, l'impulsion en avant étant la plus grande pendant le coup descendant.

Aile ondulée composée de V Auteur. — Afin de rendre les mouvements de l'aile aussi simples que possible, j'ai été conduit à imaginer une forme d'aile que pour distinguer j'appellerai aile ondulée composée. — Cette aile consiste en deux ailes ondulées unies à la base^ comme le

AILE ONDULÉE GOMPOSÉbî DE L'AUTEUR 329

représente la figure 126. Elle est mue par la vapeur, son centre étant fixé à la tête du piston par une articulation composée (x) qui lui permet de se mouvoir en cercle, et

FiG. lie.

de tourner le long de son bord antérieur {abc d; A A') dans la direction de sa longueur. Le mouvement circulaire ne sert que dans le but de diriger. L'aile s'élève et tombe avec chaque coup de piston, et les mouvements du piston sont accélérés pendant le coup descendant et ralentis pendant le coup ascendant.

Pendant le coup ascendant, l'aile est très-décidément convexe à sa surface supérieure (a b c d;A A'), sa surface inférieure est profondément concave et inclinée obliquement en haut et en avant. Elle évite ainsi l'air pendant le coup ascendant. Pendant le coup descendant du piston, Taile est aplanie dans toute direction, et ses extrémités tordues de manière à former deux vis comme on le voit en a' b' c' d' ; e' f g' h', B B', de la figure. L'aire active de Taile est augmentée- par ce moyen, l'aile saisissant

l'air avec grande avidité pendant le coup descendant. La surface de l'aile peut encore être augmentée ou diminuée pendant les coups ascendant et descendant en ajoutant des articulations au corps de Taile. Le degré de convexité donné à la surface supérieure de l'aile peut augmenter ou diminuer à volonté à l'aide d'une corde (i j; A, A') et d'une bande élastique (fe) étendue entre les deux points, et qui peuvent varier suivant les circonstances. L'aile est munie de deux ressorts verticaux qui l'aident à ralentir et à se renverser vers la fin des coups ascendant et descendant, et qui, d'accord avec les propriétés élastiques de l'aile elle-même, aident puissamment à la continuité de son jeu. L'aile ondulée produit les courants sur lesquels elle s'élève. Ainsi, pendant le coup ascendant, elle entraîne après elle un courant qui, rencontré par l'aile pendant sa descente, lui donne un pouvoir élévateur et propulseur additionnel. Pendant le coup descendant, l'aile de même manière entraîne un courant qui forme un tourbillon, et sur ce tourbillon l'aile s'élève comme on l'explique p. 343, fig. 129. L'ascension de l'aile est favorisée par l'air superposé agissant sur la surface supérieure du bord postérieur de cet organe, de manière à faire prendre à l'aile une direction de plus en plus oblique par rapport à l'horizon. Ce changement dans le plan de l'aile permet à sa surface supérieure d'éviter l'air superposé pendant le coup ascendant, tandis qu'il donne à sa surface inférieure une action combinée de cerf- volant et de parachute. L'aile composée saute en avant suivant une courbe à la fois pendant le coup ascendant et le descendant, de manière qu'elle décrit pendant ses vibrations une courbe ondulée, comme on le voit en a, c, e, g, i de

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