HISTOIRE DE LA THÉORIE DU 8 DE CHIFFRE
et Texpérience. Les propulseurs employés aujourd'hui dans la navigation sont à mon avis doublement défectueux dans leur principe et dans leur application.
Les observations et les expériences rappelées dans le présent volume datent de 1864. En 1867, j'ai fait une conférence sur la Mécanique animale à Tlnstitution Royale de la Grande-Bretagne i. En juin de la même année (1867), j'ai lu un mémoire « sur le Mécanisme du vol » à la Société Linnéenne de Londres; et en août 1870, j'ai communiqué un mémoire « sur la Physiologie des ailes » à la Société Royale d'Edimbourg 2. Ces mémoires ont 200 pages in-quarto, et sont illustrés de 190 dessins originaux. Les conclusions auxquelles j'arrive, après une étude minutieuse des mouvements de la marche, de la natation, du vol sont brièvement exposées dans une lettre adressée à l'Académie des sciences de France en mars 1870. L'Académie m'a fait l'honneur de la publier en avril de la même année (1870) dans les Comptes-Rendus, p. 875. J'y réclame d'avoir le premier décrit et expliqué les points suivants :
Que les quadrupèdes marchent, les poissons nagent, les insectes, les chauves-souris, les oiseaux volent en faisant des mouvements en forme de 8.
Que les pieds palmés de Tours marin, l'aile-nageoire du pingouin, et l'aile de l'insecte, de la chauve-souris et de l'oiseau, sont des vis par leur structure et ressemblent à une lame de l'hélice propulsive ordinaire.
* « Les divers modes de vol dans leurs rapports avec l'aéronaiu tique ». Revue des cours scient i figues ^ !'• série, tome IV, 21 septembre 1867, p. 673.
* a Sur les procédés mécaniques à l'aide desquels s'effectue le vol dans le règne animal » . Transactions de la Société Linnéenne de Londres, vol, xxvi.
Que ces organes sont des vis par leurs fonctions, par leurs torsions et leurs détorsions, et par leurs rotations dans le sens de leur longueur pendant qu'elles oscillent.
Qu'elles ont une action réciproque et renversent leurs plans plus ou moins complètement à chaque coup.
Que l'aile décrit une figure en forme de 8 dans l'espace quand l'animal volant est artificiellement fixé.
Que l'aile, pendant que l'animal s'avance avec une grande vitesse dans une direction horizontale, décrit une courbe tantôt bouclée, tantôt ondulée, à cause de ce fait que le 8 de chiffre s'ouvre graduellement et se déroule à mesure que l'animal avance.
Que les ailes agissent à la manière d'un cerf-volant à la fois pendant leurs ascensions et leurs chutes.
Je fus amené à envoyer cette communication à l'Académie de France, en trouvant qu'à peu près deux ans après la publication de mes vues sur la courbe en 8, les mouvements bouclés et ondulés faits par les ailes, etc., le professeur E. J. Marey (Collège de France, Paris) avait publié une série de leçons dans lesquelles la forme particulière des mouvements en 8, d'abord décrits et figurés par moi, étaient présentés comme une nouvelle découverte. L'exactitude de cette affirmation sera suffisamment évidente quand je dirai que ma première conférence « sur les divers modes du vol dans ses rapports avec l'Aéronautique » fut publiée dans les procès-verbaux de l'Institution royale de la Grande-Bretagne, le 22 mars 1867, et traduite en français (Revue des cours scientifiques de la France et de 1 Étranger) le 21 septembre 1867; tandis que la première leçon du professeur Marey « sur les Mouvements de l'aile de l'insecte » (Revue des cours scien-