LEVIERS
trouver snr les lignes verticales qui passent par la base de sustentation.
Chez la plupart des animaux qui se meuvent sur des solides, le centre est soutenu par des organes diversement disposés; pendant le vol des insectes et des oiseaux il est suspendu ; mais chez les poissons qui se meuvent dans un liquide dont la densité est à peu près égale à leur poids spécifique, le centre subit des actions égales en tous sens i. »
Ck)mme la locomotion des animaux les plus élevés^ auxquels mes remarques s'appliquent plus particulièrement, est dans tous les cas effectuée par des leviers qui ne diffèrent en aucune façon de ceux employés dans l'industrie, il peut être utile d'en dire quelques mots en passant. Cela fait, je m'occuperai des os et des articulations du squelette qui forment les leviers et des muscles qui les font mouvoir. ,
« Le levier. — Les leviers sont communément divisés en trois genres selon les positions relatives du point d'appui, de la puissance et de la résistance ou poids. Les leviers rectilignes de chaque genre sont en équilibre quand la puissance multipliée par sa distance au point d'appui est égale au poids multiplié par sa distance; autrement dit, la puissance P et le poids W se font équilibre quand ils sont en raison inverse des bras du levier auxquels ils sont attachés. Cependant la pression sur le point d'appui varie.
Dans le levier rectiligne du premier genre , le point
^ Encycl. d'Ânatomie et de Physiologie, Art. « Mouvement i par M. John Bishop.
d'appui est entre la puissance et la résistance, comme dans la figure 4, où F est le point d'appui du levier AB; P, la puissance, et W le poids ou la résistance. Nous avons P : W :: BF : AF, d'où P. AF = W. BF, et la pression sur le point d'appui est la somme de la puissance et de la résistance ou P + W.
Dans le deuxième genre de leviers (fig. 2), la résistance est entre le point d'appui et la puissance; et comme précédemment P : W : : BF : AF, mais la pression sur le point d'appui est égale à W — P, ou le poids moins la puissance.
Fig. 2.
Dans le troisième genre de leviers la puissance agit entre le point d* appui et la résistance (fig. 3), où l'on a aussi P : W : : BF : AF, et la pression sur le point d'appui est P — W ou la puissance moins le poids.
Dans les calculs précédents, le poids du levier lui-même est négligé pour plus de simplicité, mais il forme évidem-
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ment une partie des éléments à considérer, spécialement quand il s'agit des bras et des jambes des animaux.
FiG. 3.
Pour introduire le poids du levier, nous avons les équations : P. AF + ÂF. ; AF = W. BF + BF. ; BF; dans le premier genre, où ÂF et lÏF représentent les poids respectifs de ces portions du levier. De même dans le deuxième genre, P. AF = W. BF + ÂF. ^, et dans le troisième genre P. AF = W. BF + BF.^. ^
Dans cette esquisse de la théorie du levier, les forces ont été considérées comme agissant verticalement, ou parallèlement à l'action de la gra\îté.
OTgdi.ne^ passifs de locomotion. Os, — La charpente solide du squelette des animaux qui soutient et protège leurs tissus plus délicats, qu'elle soit chimiquement composée de chytine, de carbonate ou de phosphate de chaux; qu'elle soit placée intérieurement ou extérieurement, ou quelles que soient sa forme et ses dimensions, présente des leviers et des points d'appui pour l'action du système musculaire , chez tous les animaux soutenus par des solides terreux, et possédant la puissance locomotrice. ^ >
^ BishoD, op. cit.
Les leviers et les points d'appui se voient très-bien
dans les extrémités du cerf, dont oa a choisi le squelette
k cause de son extrême élégance.
Tandis que les os des animaux forment des leviers et
des points d'appui pour les parties du système musculaire,
il ne faut jamais oublier que la terre, l'eau et l'air sont
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les points d'appui des surfaces motrices de l'animal tout entier. Il faut donc toujours considérer deux groupes de points d'appui, c'est-à-dire ceux qui sont représentés par les os, et ceux qui sont respectivement représentés par la
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teiTe, Teau ou Tâir . Les premiers, quand les muscles agissent sur eux, produisent dans les diverses parties de ranimai un mouvement (pas nécessairement de progression); les derniers quand ils sont influencés de même produisent la locomotion. La locomotion est grandement favorisée par la tendance que possède le corps une fois mis en mouvement à avancer en ligne droite. La forme, la force, la densité et Télasticité du squelette varient en raison du volume, du pouvoir locomoteur de l'animal, et des milieux dans lesquels il est destiné à se mouvoir.
4C Le nombre des articulations mobiles d'un squelette détermine le degré de sa mobilité intrinsèque; et le genre et le nombre des articulations de ses oi^anes locomoteurs déterminent le nombre et la disposition des muscles agissant sur eux.
Les muscles des animaux vertébrés, spécialement ceux qui sont entièrement terrestres, sont beaucoup plus élastiques, plus durs que ceux des vertébrés aquatiques, et ont une composition chimique qui leur permet de sabir les chocs et les efforts qui se produisent dans la progroBsion terrestre; les os de ces derniers sont plus fibreux et plus spongieux dans leur texture, leur squelette est plus mou et plus flexible.
Les os des animaux des ordres les plus élevés sont construits selon les meilleurs principes mécaniques. Ainsi ils sont convexes extérieurement, concaves intérieure* ment et renforcés par des crêtes travereant leur disque, comme dans les os iliaques et les omoplates ; disposition qui offre de larges surfaces pour l'attache des puissants muscles de locomotion. Les os des oiseaux, dans bien des cas, ne sont pas remplis de moelle, mais d*air, — drcons-
tance qui leur assure une grande force et une grande légèreté.
Dans les os des cuisses de la plupart des animaux, la tête et le col de Tos forment un angle avec Taxe du corps, ce qui empêche le poids de la partie supérieure de presser verticalement sur le tube, convertit l'os en une arche élastique et la rend capable de supporter le poids du corps dans la station, le saut, et dans la chute d'une hauteur considérable.
Articulations. — Quand les membres sont simplement destinés à se mouvoir en avant et en arrière dans un même plan, la ginglyme ou articulation en charnière est appliquée; mais quand des mouvements plus étendus sont requis l'articulation enarthrodiale, ou en boule et emboiture, s'introduit. Ces deux sortes d'articulation prédominent dans les organes locomoteurs de tout le règne animal.
L'articulation enarthrodiale a la mobilité de beaucoup la plus étendue, et sert par conséquent à unir les membres au tronc. Elle permet les nombreux mouvements des membres, appelés pronation, supination, flexion, extension, abduction, adduction, et révolution sur Taxe du membre ou de l'os suivant une surface conique dont le sommet est à la tête de Taxe de l'os, et la base décrite par l'autre extrémité du membre i . »
Les articulations en ginglymes ou en charnières sont pour la plupart d'une nature spirale. Elles admettent dans certains cas un degré hmité de déplacement latéral. Une grande attention a été donnée à Tétude des arti-
* Bishop, op. cit.