‹ La locomotion chez les animauxChapitre 18 sur 130 · ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS

culations (particulièrement à celles de Thomme) par les frères Weber, le professeur Meyer de Zurich, et également par Langer, Henke, Meissner et Goodsir. Langer, Henke et Meissner ont réussi à démontrer la « configuration hélicoïdale > des surfaces arliculaires du coude, de la cheville, de l'articulation calcanéo-astragaloïde, et Goodsir a montré que la surface articulaire du genou consiste en K une combinaison d'une double vis conique. ]» Ce dernier observateur a aussi exprimé sa croyance que des combinaisons articulaires à sinuosités opposées sur les côtés opposés du corps, semblables à celle du genou, existent dans les articulations de la cheville et du tarse, et du coude et du carpe, et que les articulations de la hanche et de Fépaule se composent de couples à simple filet, mais ayant aussi des sinuosités opposées sur les côtés opposés du corps. > J'ai réussi à démontrer une semblable configuration en spirale dans les divers os et articulations de Taile de la chauve-souris et de l'oiseau et dans les extrémités de la plupart des quadrupèdes. Les os des animaux, particulièrement les extrémités, sont, règle générale, des leviers tordus et agissant à la manière de vis. Cette disposition permet aux animaux d'appliquer leurs surfaces motrices aux milieux sur lesquels ils sont destinés à opérer, avec tous les degrés d'inclinaison voulue pour obtenir le maximum de propulsion avec le minimum de glissement latéral. Si les surfaces motrices de l'animal ne formaient pas des vis comme structure et comme fonction, elles ne pourraient ni saisir ni abandonner les points d'appui sur lesquels elles agissent , avec la rapidité requise pour assurer la vitesse, particulièrement dans l'eau et l'air.

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« Ligaments. — L'office des ligaments par rapport à la locomotion est de restreindre dans des limites définies le degré de flexion, d'extension et des autres mouvements des membres.

Effet de la pression atmosphérique sur les membres, — L'influence de la pression atmosphérique sur la suspension des membres fut remarquée pour la première fois par le D' Amott, quoique cette découverte ait été attribuée par erreur à Weber par le professeur Mûller. Des expériences subséquentes faites par le D' Todd, M. Wormald et d'autres, ont pleinement établi l'influence mécanique de Tair pour le maintien en contact des parties de l'articulation. Le montant de la pression atmosphérique sur les jointures dépend de la surface présentée à son influence et de la hauteur barométrique. Suivant Weber, la pression atmosphérique sur Tarticulation de la hanche est d'environ 26 livres. La pression sur la jointure du genou est estimée par le D' Arnott à 60 livres ^ . >

Organes actifs de locomotion. Muscles et leurs pro^ priétéSj dispositions, modes d'action^ etc. — Si le temps et l'espace me l'avaient permis, j'aurais considéré comme de mon devoir de décrire plus ou moins complètement les dispositions musculaires de tous les animaux dont je me propose d'analyser les mouvements. C'eût été d'autant plus désirable que les mouvements présentés par les animaux des types les plus élevés se rapportent directe ment aux changements produits dans leur système mus-

^ Bishopi op. cit.

culaire. Comme, cependant, je ne pourrais espérer d'accomplir cette tâche dans les limites prescrites pour le présent volume, je me contenterai d'énoncer simplement les propriétés des muscles ; la manière dont ils agissent, et la manière selon laquelle ils sont groupés, en vue de mouvoir les leviers osseux qui forment la charpente ou squelette des animaux à considérer. Jusqu'à ce jour, et d'un commun consentement, on a cru que chaque fois qu'un muscle fléchisseur est situé sur un côté d'un membre, et son extenseur correspondant de l'autre côté, ces deux muscles doivent être opposés et antagonistes. Cette croyance est fondée sur ce que je regarde comme une présomption erronée, c'est-à-dire que les muscles n'ont que le pouvoir de raccourcir, et que quand un muscle, par exemple le fléchisseur, se raccourcit, il doit tirer et forcément allonger l'extenseur correspondant et inversement. Ce serait une simple perte de force. La nature ne travaille jamais contre elle-même. Il y a de bonnes raisons pour croire, comme je l'ai indiqué ailleurs 1, qu'il n'y a rien de semblable à un antagonisme dans les mouvements musculaires; les divers muscles connus comme fléchisseurs et extenseurs, abducteurs et adducteurs, pronateurs et supinateurs^ étant simplement corrélatifs. Les muscles, quand ils agissent, opèrent sur les os ou quelque chose de différent d'eux-mêmes, et non les uns sur les autres. Les muscles se replient autour des extrémités et du tronc des animaux dans le but d'opérer en masses. Pour cela ils sont disposés en cycles, et c'est

i « Leçons sur la Physiologie de la circulation dans les plantes, les animaux inférieurs, et l'homme. » — Journal médical d'Edimbourg, janvier et février 1873.

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ainsi que se forment les cycles extenseurs et fléchisseurs, les cycles abducteurs et adducteurs, les cyclespronateurs et sopinateurs. C'est dans ces cycles musculaires que sont placés les os ou autres substances h, mouvoir, et

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quand un côté du cycle se raccourcit, l'autre s'allonge. Les muscles sont donc doués d'une action centripète et d'une action centrifuge. Ces cycles sont placés dans toute sorte d'obliquité et même à angles droits, l'un par rapport h l'autre, mais ils sont toujours disposéâ dans le

corps et les membres des animaux de telle sorte qu'ils agissent toujours avec accord et harmonie.

II y a dans les animaux très-peu de mouvements simples, c'est-à-dire de mouvements ayant lieu dans un même plan, et produits par l'action de deux muscles. La locomotion est le plus souvent produite par Taction simultanée d'un grand nombre de muscles ; eux-mêmes ou leurs fibres poursuivant des directions différentes. Ceci est particulièrement vrai des mouvements des extrémités dans la marche, la natation et le vol.

Les muscles sont divisés en muscles volontaires, en involontaires et en mixtes, suivant que la volonté de l'animal peut entièrement , partiellement ou pas du tout contrôler leurs mouvements. Les muscles volontaires s'apliquent particulièrement à la locomotion des animaux. Ce sont les puissances qui meuvent les leviers des divers genres en lesquels se résout le squelette d'un animal.

Les mouvements des muscles volontaires et des involontaires sont d'une nature essentiellement ondulée; c'està-dire qu'ils émanent de certains centres suivant un ordre déterminé et vers des directions données. Dans les extrémités des animaux, l'onde musculaire centripète ou convergente sur un côté de l'os à mouvoir, est accompagnée par une onde centrifuge ou divergente sur l'autre côté, l'os ou les os étant par celte dispositidn parfaitement contrôlés et mus à l'épaisseur d'un cheveu près. L'onde centripète ou convergente, et Tonde centrifuge ou divergente sont, comme on l'a déjà dit, corrélatives ^, De

* Les muscles possèdent un pouvoir de traction et de pulsion, le pouvoir de pulsion étant faible et obscurci par la flaccidité de la masse musculaire. Pour pousser effectivement , la substance poussante doit être plus ou moins rigide.

semblables remarques peuvent être faites sur les diverses parties du corps du serpent quand il rampe, du corps du poisson quand il nage, de Taile de l'oiseau quand il vole, et de nos extrémités quand nous marchons. Dans tous les cas, les parties mobiles se déplacent suivant des courbes corrélatives d'une manière déterminée.

On peut largement dire que, dans tous les cas, la locomotion est le résultat de l'extension et de la compression des côtés opposés des cycles musculaires. Par la compression ou le raccourcissement, par exemple des côlés fléchisseurs des cycles , et l'extension ou l'allongement des côtés extenseurs, les angles formés par les leviers osseux sont diminués ; par le rapprochement ou le raccourcissement des côtés extenseurs des cycles, le développement ou rallongement des côtés fléchisseurs, les angles formés par les leviers osseux sont accrus. Cette diminution et cette augmentation alternatives des angles formés par les leviers osseux produisent les mouvements de marche, de natation et de vol. Les cycles musculaires du tronc et des extrémités sont disposés par rapport aux os, de manière à produire dans chaque cas le résultat maximum avec le minimum d'effort. Les origines et les insertions des muscles , la direction des muscles et la distribution des fibres musculaires, assurent que si de la puissance se perd en mettant le levier en mouvement, de la vitesse se gagne, de manière qu'il y a une perte apparente mais jamais réelle. La variété et l'étendue des mouvements sont assurées par l'obliquité des fibres musculaires sur leurs tendons ; par l'obliquité des tendons sur les os qu'ils doivent mouvoir; parla proximité de l'attache des muscles et des diflérentes articulations, comme

les muscles sont capables de s'allonger ou de se raccourcir d'environ un quart de leur longueur, ils produisent exactement le degré précis de mouvement requis dans chaque cas particulier ^

La force des muscles, suivant les expériences de Schwann, s'accroît avec leur longueur, et vice versa. C'est une curieuse circonstance, et digne de l'attention de ceux qui s'intéressent aux homologies, que les muscles volontaires des extrémités supérieures et inférieures, et plus particulièrement du tronc, soient disposés en lignes spirales longitudinales, transverses et obliques et en couches ou strates précisément comme dans le ventricule du cœur et en général les muscles creux 2.

Si, en conséquence, j'élimine l'élément de l'os de ces diverses régions, je reproduis un muscle creux typique ; et ce qui est encore plus remarquable, si je compare les os enlevés (par exemple les os de l'extrémité antérieure d'un quadrupède ou d'un oiseau), avec le moule obtenu par la cavité du muscle creux (par exemple le ventricule gauche du cœur du mammifère), je trouve que les os et

^ Les muscles extenseurs remportent en masse et en poids sur les fléchisseurs mais on peut facilement se rendre compte de ce fait, parce que les extenseurs, quand les membres doivent être redressés, opèrent toujours avec un désavantage mécanique. Cela est dû à la forme des os, à la conformation des articulations, et à. la position occupée par les extenseurs.

* f Sur la disposition des fibres musculaires dans les Ventricules du cœur des vertébrés, avec des remarques physiologiques,, par l'auteur. ^ Transactions physiologiques, 1864.

Sur les dispositions musculaires de la Vessie et de la Prostate, et la manière dont se ferment les uretères et l'urèthre, par l'auteur. — Transactions physiologiques, 1867.

Sur les Tuniques musculaires de l'Estomac, chez l'homme et les autres mammifères, par Tauieur. — Procès-verbaux de la Société Royale de Londres, 18G7.

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le moule sont tordus sur eux-mêmes, et forment d'élégantes vis dont les Qlets ou crêtes courent dans la même direction. Ceci nous donne la preuve que les muscles creux involontaires fournissent le type ou patron d'après lequel sont formés les muscles volontaires. La figure 6

Fm. T. — ExlrémilD lalirieare de l'é^pbnnt. Elle monlre comment Is du braa (î). de r»T»iil-brB» (j'i) «l du pied (o) boqI tordus pour toi nus vi» DMeuM. Comparei ani fig. fl si 8. — Origùiele.

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- Original'.

représente les os de l'aile de l'oiseau ; la fig. 7 les os de l'extrémité antérieure de l'éléphant j et la fig 8 le moule antérieur de la cavité du ventricule gauche du cerf .

On a l'habitude presque invariable dans l'enseignement de l'anatomie et des parties de la physiologie relatives

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