LES MUSCLES ONT LA PRÉSÉANCE SUR LES
aux mouvements des animaux, d'insister avec force sur la configuration détaillée du squelette osseux et en particulier sur la configuration de ses diverses surfaces articulaires. Cela est très-naturel, car le système osseux résiste à Tusure et aux ravages du temps pendant que ce qui l'entoure se détruit en grande partie. C'est le lien qui unit les espèces éteintes et les vivantes, et nous véné • rons et aimons naturellement ce qui est durable. Il n'est pas étonnant que Oken , Goethe, Owen et d'autres aient essayé de si splendides généralisations à propos du système osseux, aient prouvé avec tant de puissance que la tête est une vertèbre élargie. Le squelette osseux est un miracle de composition, merveilleux et splendide à sa façon. Mais quand tout a été dit, le fait reste que le squelette, quand il existe, ne forme qu'un accessoire de la locomotion et du mouvement en général. Tous les mouvements réellement essentiels d'un animal ont lieu dans les parties molles. On doit donc regarder le système osseux comme d'une importance inférieure à celle du musculaire, duquel il peut être considéré comme une différence. Au lieu de regarder les muscles comme adaptés aux os, il faut regarderies os comme adaptés aux muscles. Les os n'ont le pouvoir ni de créer ni de continuer le mouvement. Celui-ci commence et se termine dans les muscles. Il ne faut pas non plus perdre de vue que l'os ne fait apparition que comparativement tard dans l'échelle des êtres ; qu'il existe d'innombrables créatures dans lesquelles on ne peut trouver de trace de squelette ni interne ni externe ; que ces créatures circulent librement, digèrent, font circuler leurs liquides nourriciers, leur sang quand ils en ont, se multiplient et accomplissent toutes les
fonctions de la vie. Tandis que le squelette ne se trouve que dans une certaine proportion des animaux existant sur notre globe, on rencontre chez tous les parties molles; et cela me semble une raison bien suffisante pour attacher une grande importance aux mouvements des parties molles, telles que le protoplasme, les masses gélatineuses, les muscles volontaires ou involontaires, etc^. Comme les muscles des vertébrés sont exactement appliqués les uns contre les autres , et contre les os, et que ceux-ci sont rigides, ne cèdent pas et sont incapables de mouvement, il s'en suit que le système osseux agit en trouant et en limitant le système musculaire ; — de là vient la division arbitraire des muscles en extenseurs et fléchisseurs, pronateurs et supinateurs, et abducteur» et adducteurs. Celte division, quoique utile, est propre à induire en erreur. L'animal le mieux organisé ne doit, à proprement parler, être regardé que comme une masse vivante dont les parties (dures, molles et autres) sont exactement adaptées les unes aux autres, chaque partie étant scrupuleusement réciproque, et rendant difficile de déterminer où commence et où finit le mouvement. La fig. 9 ipontre la plus superficielle des masses musculaires qui meuvent les os ou leviers solides du cheval, dans la marche, le trot, le galop, etc. Un examen attentif de ces masses charnues ou muscles montrera qu'elles courent longitudinalement, transversalement et obliquement, les muscles longitudinaux et les muscles transveises se croisant à peu près à angles droits, les obliques
^ Leçons « sur la physiologie de la Circulation des plantes dans les animaux inférieurs et dans Thomme », par J. Bell Pettigrew* — Journal médical d'Edimbourg, septembre 1872.
tendant à se croiser suivant des angles variables comme dans la lettre X. Les croisements sont les plus nombreux dans les muscles profonds.
Afin de comprendre la torsion qui se présente en plus ou moins grande étendue dans le corps et les estrémilés de tous les animaux vertébrés, il est nécessaire de réduire les systèmes osseux et musculaires à leur plus simple expression. Si le mouvement doit avoir lieu dans une direction dorsale, ventrale ou latérale seulement, un groupe de muscles longitudinaux dorsaux et ventraux, ou latéraux gauches et droits, agissant sur des os droits articulés par une énarthrose ordinaire, devra suffire. Dans ce cas les muscles dorsaux, ventraux et latéraux gauches et droits forment des cycles musculaires; la contraction ou le raccourcissement de l'un des eûtes du cycle
étant accompagnée par le relâchement ou l'allongement de l'autre, les os et les articulations formant comme les diamètres des cercles et oscillant en avant, en arrière ou latéralement, suivant le degré et lu direction des mouvements musculaires. Ici le mouvement est confiné dans deux plans se coupant à angles droits. Cependant, quand le système musculaire se différencie plus distinctement, à la fois sous les rapports du nombre des muscles employés, et de la variété des directions qu'ils suivent, les os et les articulations deviennent aussi plus compliqués. Dans ces circonstances, les os, comme règle , sont tordus sur euxmêmes, et leurs surfaces articulaires présentent à divers degrés des formes spirales pour satisfaire aux demandes du système musculaire. Entre les muscles droits longitudinaux disposés en groupes dorsaux et ventraux, latéraux gauches et droits, et ceux qui courent dans une direction plus ou moins transverse, et entre les simples articulations où le mouvement est hmité à un seul plan et Tarticulation en boule et emboîture dont les mouvements sont universels, on peut donc trouver tous les degrés d'obliquité dans la direction des muscles et toute modification possible des surfaces articulaires. Chez le poisson les muscles sont pour la plupart disposés en groupes dorsaux, ventraux et latéraux qui s'étendent longitudinalement; et comme résultat, les mouvements du tronc, particulièrement vers la queue, se font d'un côté à l'autre et sont sinueux. Mais comme il y a également des muscles obliques, et comme les tendons des muscles longitudinaux, en quelques cas, se croisent obliquement vers la queue, le poisson peut aussi incliner et tordre le tronc, particulièrement la moitié inférieure, aussi bien que la