‹ La locomotion chez les animauxChapitre 4 sur 130 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

La locomotion des animaux représentée par la marche, la natation et le vol, est un sujet d'intérêt permanent pour tous ceux qui recherchent dans la créature les preuves de la bonté et delà providence du Créateur. Tous les animaux, quelque insignifiants qu'ils soient, ont une mission à remplir, une destinée à accomplir ; et leur manière de le faire ne peut être indifférente même à un observateur superficiel. La forme la plus exquise perd beaucoup de son élégance si elle est privée de mouvement, et l'animal le plus disgracié cache son manque de symétrie dans la coadaptation et l'exercice de ses diverses parties. La rigidité et Timmobilité de la mort seules sont contre nature. Tant que les choses « vivent, se meuvent, ont une existence » elles sont d'agréables objets dans le paysage.

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Ce sont les parties intégrantes du grand problème de la vie, et comme nous courons tous vers un terme commun, il est bien naturel que nous prenions intérêt aux mouvements de nos compagnons de voyage. Comme la locomotion des animaux est intimement associée àleurs habitudes, à leur genre de vie, un large champ nous est ouvert, fertile en incidents, en leçons et en amusements. Personne ne peut voir une abeille diriger sa course avec une admirable précision de fleur en fleur à la recherche du nectar; une hirondelle se lancer comme un jet de luipière à travers les sentiers à la poursuite des insectes ; un loup courir hors d'haleine après un cerf; un dauphin rouler comme une roue de moulin à. la suite d'une bande de poissons volants, sans son intérêt soit vivement

éveillé.

Cet amour du mouvement ne se borne pas au règne animal. Nous admirons plus une cataracte qu'un canal ; la mer est plus grandiose dans la tempête que dans le calme ; et les nuages floconneux qui passent sans cesse au-dessus de nous, sont plus agréables à l'œil qu'un horizon d'unbleu tranquille, quelles que soient sa profondeur et sa beauté. Nous ne nous lassons point d'avoir en même temps et de l'ombre et l'éclat du soleil ; l'un ou l'autre seul nous fatigue vite. Les changements et les mouvements inorganiques sont à peine moins intéressants que les organiques. Le grondement redouté du tonnerre et Taff^reux éclair, brûlant et flétrissant tout ce qu'il touche, nous rappellentforcémentqu'au dessus, au-dessous, autour de nous tout est en mouvement. Comme le dit éloquemment M. Grove, la nature ne nous montre nulle part le repos absolu. Toute matière, vivante ou morte, solide, liquide

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