GRANDE SURFACE DE L'AILE
donné étant plus ou moins en raison de la longueur de Talle. Il ne faut pas oublier non plus que les notes produites par les insectes ne doivent pas toujours se rapporter à l'action des ailes, mais dans bien des cas aux mouvements des pattes ou d'autres parties du corps.
C'est une circonstance curieuse que si Ton enlève des portions de la marge postérieure de l'aile d'un insecte bourdonnant, tel que la guêpe, Tabeille, la mouche bleue, etc., la note produite par les vibrations des ailerons est d'un diapason plus élevé. L'explication en est qu'un insecte dont les ailes sont rognées a besoin de les mouvoir avec une beaucoup plus grande vitesse pour se soutenir en l'air. La preuve que c'est la vitesse du mouvement de l'aile qui cause le son, est que chez les insectes et chez les oiseaux au vol lent il ne produit aucun son ; tandis que chez ceux dont l'aile vibre avec une grande vitesse, on entend une note qui correspond dans certaines limites au nombre des vibrations et à la forme de l'aile. C'est la marge postérieure ou mince et flexible de l'aile qui sert plus spécialement à produire le son ; et si on l'enlève, ou si cette portion de l'aile, comme c'est le cas chez la chauve-souris et Toiseau, est formée d'une matière très-molle, la nature de la note est altérée. Si une aile artificielle est convenablement construite et animée d'une vitesse suffisante, elle produit un bruit de tambour qui ressemble de près à la note produite par les vibrations des oiseaux à courtes ailes, à corps lourd. Tout cela tend à prouver que le son est connexe à la rapidité des ailes.
Ùrande étendue et variabilité de la surface de l'aile. — Les surfaces motrices des insectes, oiseaux et chauves-
172 PROGRESSION DANS OU A TRAVERS L'AIR souris excèdent notablement celles des poissons et des animaux nageurs; ceux des animaux nageurs dépassant de beaucoup celles des animaux qui marchent et qui courent. La surface de l'aile de l'insecte, de la chauve-souris et de l'oiseau, varie trèa-eonsidérablement, et le vol reste possible entre des limites fort éloignées Ainsi il y a des insectes et des oiseaux à corps léger et i. grandes ailes,
comme le papillon (fig. 57) et le héron {ûg. CO, p. 175) ; et d'autres dont le corps est comparaUvement lourd, tandis que leurs ailes sont d'une taille insignifiante, comme le phalène sphynx et le Goliath (ûg. 58) parmi les insectes, et le grèbe, la caille et la perdrix (ftg. 59, p. 175) parmi les oiseaux.
L'incompatibilité apparente des dimensions du corps