‹ La locomotion chez les animauxChapitre 54 sur 130 · SONS PRODUITS PAR LES AILES · texte numérisé non relu

SONS PRODUITS PAR LES AILES

vements séparés et opposés, comme on le voit dans l'action d'un piston, soit par une série de mouvements séparés et opposés agissant sur un appareil construit de telle sorte que le mouvement appliqué à une partie, s'accroisse en rapidité à mesure que le point s en éloigne, comme cela arrive dans Taile. Dans le mouvement d'un piston le mouvement est uniforme ou à peu près, toutes les parties du piston se déplaçant avec la même vitesse presque exactement. Dans les mouvements de Taile, au contraire, le mouvement s'accélère graduellement vers l'extrémité supérieure, où le mouvement est le plus efficace pour l'élévation, et décroît vers la base où il est le moins efficace, — disposition calculée pour réduire le nombre des contractions musculaires, tandis qu'elle con-» tribue à la puissance effective de l'aile. Cette hypothèse, il faut Tobserver, garantit à l'aile une très-haute vitesse, avec comparativement peu de renversements, et comparativement peu de contractions musculaires.

Chez la chauve-souris et l'oiseau, l'aile ne vibre pas avec la même rapidité que chez l'insecte, et Ton s'en rend compte par cette circonstance que, chez eux, les muscles n'agissent pas exclusivement à la base de l'aile. Chez l'oiseau et la chauve-souris, les muscles s'étendent le long de l'aile vers l'extrémité pour la fléchir et la plier avant le coup ascendant et pour l'ouvrir et l'étendre avant le coup descendant.

Comme les ailes doivent se plier ou se fléchir et s'ouvrir ou s'étendre chaque fois qu'elles s'élèvent et s'abaissent, et comme les muscles produisant la flexion et l'extension sont de longs muscles avec de longs tendons, qui agissent à de grandes distances sur de longs leviers, et

comparativement avec lenteur, il s'en suit que les muscles gros et courts (pectoraux, etc.), situés à la base de Taile, doivent également agir lentement, les muscles du thorax et de Taile devant nécessairement agir de concert pour produire une pulsation ou vibration de l'aile. Ce que l'aile de la chauve-souris et de l'oiseau perd en vitesse, elle le gagne en puissance, les muscles de l'aile de l'oiseau et de la chauve -souris agissant directement sur les points à mouvoir, et dans les conditions les plus favorables. Chez l'insecte, au contraire, les muscles agissent indirectement et par conséquent à leur désavantage. Si les pectoraux agissaient seuls, ils agiraient comme des leviers courts et donneraient à l'aile de la chauve-souris et de loiseau la rapidité particulière de l'aile de l'infsecte.

Dans ce cas les sons émis par l'aile de l'oiseau s'élèveraient ; le cygne en volant produit un fort sifflement, et le faisan, la perdrix et le coq de bruyère un raclement aigu semblable à celui d'une meule d'aiguiseur.

C'est une erreur de supposer, comme beaucoup le font, que le son ou la note produite par l'aile pendant ses vibrations est une véritable indication du nombre de battements qu'elle fait pendant un certain temps. Cela se comprendra tout de suite quand je dirai qu'une aile longue produit une note plus haute qu'une courte mue avec la même vitesse et ayant la môme superficie, à cause de ce ail que le bout et le corps de l'aile longue parcourront un plus grand espace dans un temps donné que le bout et le corps de la courte. Cela est occasionné par l'articulation de toutes les ailes à leurs bases, le coup de fouet donné par les différentes parties de l'aile dans un temps

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