L'AILE VIBRE INÉGALEMENT
sous du corps qu elle ne s'élève au-dessus. Ceci est nécessaire pour l'élévation. De la même manière, la marge postérieure de l'aile (quelle que soit la position de cet organe) descend plus au-dessous de la marge antérieure qu'elle ne remonte au-dessus. Ceci est obligatoire dans le tut d'élever et de faire avancer y la surface de l'aile étant toujours présentée à un certain angle ascendant avec Thorizon et agissant comme un véritable cerf-volant (fig. 82 et 83, p. 218. Comparez à la fig. 116, p. 313). Si l'aile oscillait également au-dessus et au-dessous du corps, et si le bord postérieur de Vaile vibrait également au-dessus et au-dessous de la ligne formée par la marge antérieure, une grande partie de sa puissance élévatrice et propulsive serait sacrifiée. La queue du poisson oscille de chaque côté d'une ligne donnée, mais il en est autrement de l'aile d'un animal volant. Le poisson est à peu près de la même densité que l'eau, de façon qu'on peut dire que l'eau ne sert qu'à faire avancer. L'animal volant au contraire est beaucoup plus lourd que l'air de façon que l'aile doit à la fois pousser et élever. L'aile, pour être efficace comme organe élévateur, doit donc vibrer plutôt au-dessous qu'au-dessus du centre de gravité; en tous cas, l'intensité de la vibration doit être plutôt au-dessous de ce point. En faisant cette affirmation, il faut bien se fixer dans Vesprit que le centre de gravité varie sans cesse, le corps s' élevant et s' abaissant suivant une suite de courbes pendant que l'aile monte et descend.
Pour élever et pousser, la marge postérieure de l'aile doit tourner autour de l'antérieure ; la marge postérieure étant, règle générale, à un niveau plus bas que l'antérieure.
Par le jeu oblique et plus vigoureux des ailes au-dessous plutôt qu'au-dessus du corps, chaque aile dépense toute son énergie à poussor le corps en haut et en avant. Il faut que les ailes descendent plus qu'elles ne montent; que les ailes soient convexes à leur surface supérieure et concaves à leur surface inférieure ; et que les surfaces concaves ou mordantes soient amenées plus violemment en contact avec l'air pendant le coup descendant que les convexes pendant le coup ascendant. La portée de l'aile, plus grande au-dessous qu'au-dessus du corps, et de la marge postérieure plus grande au-dessous qu'au-dessus d'une ligne déterminée, peut être aisément démontrée par l'observation des oiseaux plus grands. On la voit très-bien dans le vol ascendant de l'alouette. Quand Témouchet fond sur sa proie, et la mouette sur la proie qu'elle va enlever, les ailes agissent au niveau du corps plutôt qu'au-dessous ; mais ce sont là des mouvements exceptionnels pour des buts spéciaux et comme ils ne se continuent que quelques secondes, cela n'affecte pas l'exactitude de l'affirmation générale.
Points en lesquels les hélices formées par les ailes diffèrent de celles employées dans lanavigation. — 4. Dans la lame de l'hélice ordinaire les parties intégrantes sont rigides et inflexibles, tandis que dans la lame d'hélice formée par l'aile, elles sont mobiles et plastiques (fig. 93, 95, 97, p. 240, 241, 242); c'est un point curieux et intéressant, d'autant qu'il ne paraît pas avoir été bien apprécié et compris. La mobilité et la plasticité de l'aile est nécessaire à cause de la ténuité de l'air, et parce que l'aile est un organe ô!élévation et de support^ aussi bien que dQ propulsion»
DIFFÉRENCES ENTRE L'AILE ET LllÉLlGE 209
2. Les lames des hélices ordinaires à deux branches sont courtes et ont comparativement une portée hmitée, la portée correspondant à leur surface de révolution. Les ailes, d'autre part, sont longues et ont comparativement une portée étendue, et pendant leur élévation et leur abaissement battent un espace étendu, le moindre mouvement à la base ou petit axe de Faile étant accompagné d'un gigantesque coup ascendant ou descendant de l'autre axe (fig. 56, p. 167 ; fig. 64, 65 et 66, p. 192; fig. 82 et 83, p. 218). En conséquence, les ailes agissent ordinairement sur des couches successives d'air non troublé. L'avantage gagné par cette disposition dans un milieu ténu comme Tair, où la quantité d'air à comprimer est nécessairement grande, est simplement incalculable.
3. Dans l'héUce ordinaire les lames se suivent en rapide succession de manière qu'elles traversent le même espace et qu'elles opèrent sur les mêmes particules (eau ou air) à peu près au même moment. La portée limitée dont elles disposent n'est donc pas utilisée, l'action des deux lames semblant se borner à un même plan, et se suivant ou se précédant de telle manière que le travail est virtuellement accompli seulement par l'une d'elles. Ceci est particulièrement vrai quand le mouvement de l'hélice est rapide et que la masse à faire avancer commence à se mettre en mouvement, c'est-à-dire n'a pas encore acquis son momentum. Dans cet exemple, une grande proportion de la puissance motrice est inévitablement consumée en glissement parce que les lames de l'hélice opèrent à peu près sur les mêmes particules de matière. Les ailes au contraire ne se suivent pas mais ont un mouvement alternatif distinct, c'est-à-dire qu'elles
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s'élancent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, de telle manière qu'elles créent pendant un coup, le courant sur lequel elles s'élèvent et progressent le suivant. Les lames formées par les ailes et l'impression qu'elles font sur l'œil quand elles vibrent rapidement, sont largement séparées. Tune des lames et son aspect étant situés sur le côté droit du corps et correspondant à l'aile droite, l'autre sur le côté gauche et correspondant à Taile gauche. L'aile droite traverse et occupe complètement la moitié droite d'un cercle, et comprime tout l'air contenu dans cet espace ; l'aile gauche occupant et mettant en mouvement tout Tair de la moitié gauche restante. La portée des deux ailes quand elles se meuvent jusqu'à leurs limites extrêmes, correspond autant que possible à un cercle entier i (fîg. 56, p. 167). En séparant les lames de l'hélice et en les faisant alterner, on produit un double résultat, puisqu'elles agissent toujours sur des colonnes d'air indépendantes, et que dans aucun cas elles ne se recouvrent et ne se doublent Tune l'autre. Les avantages de cette disposition sont particulièrement évidents quand le mouvement est rapide. Si l'hélice des bateaux est poussée au delà d'une certaine vitesse, elle coupe complètement l'eau contenue entre ses lames, les lames et l'eau tournant comme une masse solide. Dans ces circonstances le pouvoir propulseur de l'hélice est plutôt diminué qu'augmenté. Il en est tout autrement avec les hélices formées par les ailes; celles-ci à cause de leurs mouvements réciproques deviennent de
1 On peut regarder le thorax comme formant le centre de ce cercle, Tabdomen, qui est toujours plus lourd que la tête inclinant légèrement le corps dans une direction ascendante. Cette inclinaison du tronc favorise le vol en faisant agir le corps à la manière d'un cerf- volant.