MOUV. RELATIF DU CORPS ET DES AILES
avant; et le recul obtenu de Vair par Taction rapide de Taile. On peut dire que ces trois forces sont actives et passives tour à tour.
Quand un oiseau s'élève du sol, il court quelques pas ou jette son corps en Tair par un saut brusque, les ailes étant simultanément élevées. Quand son corps est aune bonne distance du sol, il fait descendre ses ailes avec une grande vigueur, et leur action continue l'impulsion ascendante assurée par le saut ou la course préliminaire. Le corps tombe alors en avant suivant une courbe ; les ailes, en partie par la chute du corps, en partie par la réaction de l'air contre leur surface inférieure, et en partie par le raccourcissement des muscles élévateurs et des ligaments élastiques, sont placées au-dessus, et jusqu'à un certain point, derrière l'oiseau, autrement dit, sont élevées. Le second coup descendant est alors donné et les ailes de nouveau élevées comme on l'a expliqué, et ainsi de suite dans une succession sans fin, le corps tombant quand les ailes s'élèvent, et vice versa (fig. 81, p. 216). Quand un oiseau océanique à longues ailes s'élève de la mer, il se sert des extrémités de ses ailes pour soulever le corps, sans que leurs pointes souffrent d'être amenées violemment au contact de Teau. On ne peut dire qu'un oiseau vole que lorsque son tronc se balance en avant dans l'espace et prend part au mouvement. Le faucon, quand il se fixe en l'air au-dessus de sa proie, se soutient simplement. Voler, dans l'acception propre du terme, implique se supporter et avancer. C'est ce qui constitue la différence entre un oiseau et un ballon. L'oiseau peut s'élever et se porter en avant, le ballon ne peut que s'élever et doit monter ou descendre en ligne droite en
l'absence de courants. Quand le fou se précipite d'une falaise, l'inertie du tronc entre immédiatement en jeu, et épargne à l'oiseau les efforts herculéens qu'il lui faut faire pour s'élever de l'eau une fois qu'il y repose convenablement. Une hirondelle s'élançant du toit d'une maison, une chauve-souris d'une tour, présentent des applications du même principe. Beaucoup d'insectes se lancent de même dans l'espace avant de voler. Quelques-uns cependant ne le font pas. Ainsi la mouche à viande peut s'élever d'une surface plane, quand on lui a enlevé les pattes. On s'en rend compte par l'amplitude plus grande et le jeu plus horizontal de l'aile de l'insecte comparée à celles de la chauve-souris et de l'oiseau, et également par le remarquable pouvoir d'alterner que possède l'aile de l'insecte, lorsque le corps de l'insecte n'avance pas (fig. G7, 68^ 69 et 70, p. 195) ; quand un scarabée veut s'envoler de la main, il étend ses pattes de devant, fléchit celles de derrière, et courbe vers le haut sa tête et son thorax de manière à ressembler à un cheval qui va se lancer. Après ces préliminaires, il fait tourner ses ailes avec une immense rapidité, et dans une direction presque horizontale, le corps étant incliné plus ou moins verticalement. L'insecte s'élève lentement et a souvent besoin de faire plusieurs essais avant de réussir à se lancer en l'air. Je n'ai jamais pu découvrir de pression communiquée à la main quand l'insecte va la quitter, d'où je conclus qu'il ne saute pas dans l'air. Les abeilles aussi, je suis disposé à le croire, s'élèvent sans rien qui ressemble à un saut ou à un élan. Je les ai souvent observées abandonnant les pétales de fleurs, et elles m'ont toujours paru s'élever par le ferme jeu de leurs ailes,