AILES DES INSECTES ET DES CHAUVES - SOURIS
Elytresou étuis d'ailes, ailes membraneuses. — Leur forme et leurs usages, — Les ailes des insectes consistent en une ou deux paires. Quand il y a deux paires, elles se divisent en antérieures ou supérieures, et en postérieures ou inférieures. Dans quelques cas, la paire antérieure est notablement modifiée et présente un état corné. Quand elles sont ainsi modifiées elles recouvrent les ailes inférieures, lorsque Tinsecte est posé, et ont été, à cause de cette circonstance, nommées élytres, du grec IXurpov, étui. Les ailes antérieures sont denses, rapides et opaques chez les scarabées (fig. 89, r) ; solides d'un côté et membraneuses de l'autre chez la punaise d'eau (fig. 90, r) ; plus ou moins membraneuses chez les libellules (fig. 91, e e, p. 237). Les ailes supérieures ou antérieures sont inclinées d*un certain angle quand elles sont étendues, et sont indirectement liées au vol, chez les scarabées, les punaises d'eau et les sauterelles. Elles remplissent activement cette fonction chez les libellules et les papillons. Les élytres ou ailes antérieures sont souvent employées comme soutien et comme glisseurs dans le vol i,
1 La preuve que les élytres prennent part au vol, c'est que que, quand on les supprime, la faculté de voler est détruite en bien des cas.
Fio. SS.
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ELYTRES, AILES MEMBRANEUBEB 237
les ailes postérieures agissant plus particulièrement comme élévateurs et propulseurs. Dana ce cas, les élytres sont tordues sur elles-mêmes comme des dles.
Les ailes des insectes présentent différents degrés d'opacité, — celles des phalènes et des papillons ne sont pas
transparentes ; celles des libellules , des abeilles . des mouches communes présentent une apparence délicate, membraneuse, filandreuse. Les ailes dans tous les cas sont composées d'un double tégument ou membrane vètissante, et sont renforcées en diverses directions par on système de tubes creux-cornés connus des entomologistes
sous le nom de nervures. Les nervures s* amincissent vers l'extrémité de l'aile, et sont les plus fortes vers sa base et sa marge antérieure où elles remplissent la place du bras des chauves-souris et des oiseaux. Elles sont diversement arrangées. Chez les scarabées, elles poursuivent une course à peu près longitudinale, et sont articulées de manière à permettre aux ailes de se replier transversalement sous les élytres 1. Chez les locustes, les nervures divergent d'un centre commun, à la manière d'un éventail, de sorte que par leur action les ailes sont repliées ou étendues comme on veut ; tandis que dans la libellule où il n'existe aucun plissage, elles forment une structure réticulée d'une manière exquise. Les nervures, il faut le remarquer, sont plus fortes chez le scarabée dont le corps est lourd et les ailes petites. Elles décroissent en épaisseur quand ces conditions se renversent, et disparaissent entièrement dans les très-petits chalcis et psilus 2. On n'est pas bien certain de la fonction des nervures ; mais comme elles contiennent des vaisseaux spiraux qui apparemment communiquent aux trachées du tronc, quelques-uns les ont regardées comme connexes au système respiratoire ; tandis que d'autres les ont considérées comme les réceptacles d'un fluide subtil, que l'insecte peut y introduire ou en retirer à volonté pour obtenir le degré voulu d'expansion et de tension de l'aile. Aucune hypothèse n'est satisfaisante, car la respiration et le vol peuvent s'accomplir en leur absence. Elles me paraissent , quand elles
1 Les ailes de réphémère sont repliées longitudinalexnent et transversalement, de manière qu'elles sont chifionnées en petits carrés.
* Kirby et Spence, vol. 11, 5« éd., p. 355.