‹ La loge du portierChapitre 16 sur 19 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

Les Prégédexs , ANNETTE.

ANNETTE

Ah! mes amis! si vous saviez.*. l't'mblion et surtout la surprise...

PHILIPPE

Eh! bien,. Aimelle?... ma chère Annette l elle se trouve mal !

Mw. JACOB.

Tenez , c'est des vapeurs dans le genre de madame.

ANNETTE

Ce ne sera rien ! le flacon de ma maîtresse, dans mon tablier.

Philippe, prenant le fiacon clans la poche tf Annette.

Le voilà... elle revient.

ANNETTE

Dans un autre moment , il y aurait eu de quoi se trouver mal tout-à-fait... imaginez-vous que tout-à -l'heure dans le boudoir de madame, où j'étais à travailler seule , voilà que tout-à-coup nous entendons, c'est -à - dire j'entends madame qui crie: Annette! Annette ! ouvrez 9 pourquoi êtes vous enfermée ?

PHILIPPE

Vous étiez enfermée!

Mme. JACOB.

Mais où donc est Jacob ? je croyais qu'il était là?

ANNETTE

Oui... je ne sais comment... par inadvertance... Enfin je me dépêche le plus possible... j'ouvre \ et je vois ma maîtresse et sa fille..... avec Monsieur et cet étranger.

PHILIPPE

Comme je vous le disais tout-à-l'heure, ils étaient passés chez ces dames.

ANNETTE

«Annette*.... sortez,)) me dit ma maîtresse, et la porte se referme.

PHILIPPE

Il fallait faire comme moi, écouter.

ANNETTE

Impossible , ils parlaient à voix baisse... mais que

disaient-ils? voilà ce que je ne pouvais deviner... aussi la

curiosité... l'impatience... d'autres idées encore, tout cela

réuni... fait que je n'y puis plus tenir... je fouine le bou-

ipn de la porte , et j'entre audacieusement — Madame a

sonné? — Dutout, mademoiselle. — Je demande pardon à madame , je suis certaine d'avoir entendu sonner. — Vous vous êtes trompée , laissez-nous. - — Dans ce moment, la porte que j'avais laissée tout contre, s'ouvre avec fracas.., un jeune homme se précipite...

MORODAN.

Parbleu, celui de tout-à l'heure.

PHILIPPE

Je vous disais bien qu'il était monté-

ANNETTE

En l'apercevant, Mademoiselle jette un cri...

MORODAN.

Décidément c'était pour Mademoiselle.

ANNETTE

Mais le jeune homme regarde l'étranger.

PHILIPPE

Ah! mon Dieu! ils vont se battre!

MORODAN.

Mon maître, se battre !.. Monsieur, voila nos deux maisons brouillées.

ANNETTE ayant Vair de reprendre haleine.

Le jeune homme regarde l'étranger... s'élance vers lui... Celui-ci lui tend les bras... et ils s'embrassent tous deux , pendant que Monsieur ^ me poussant parles épaules , me mettait hors du cabinet... et tout cela si rapidement, que j'ai à peine le temps de me reconnaître... je descends, je me trouve mal... et... voilà.

PHILIPPE

Air : J)e Turenne.

Mais que veut dire ce mystère ?

Et quels sont ces deux inconnus ?

ÀNNErTE.

Est-ce son fils?

Mad. jacob.

Est-ce son père ?

MORODAN.

Attendez donc!... je n'y suis plus !

TOUS

Nos soins seraient-ils superflus ?

Mad. JACOB.

Faut-il souffrir que par de tels outrages Nos maîtrs' ainsi blessent nos intérêts ?

PHILIPPE

Garder pour eux tous leurs secrets,

C'est presque nous voler nos gages.

PHILIPPE

C'est fini.», au moment où nous croyons tenir le fil... le voilà plus embrouillé que jamais... et nous n'y sommes plus.

MORODAN.

Il est de fait que vous n'y êtes plus.

Mad. JACOB.

Et dire que nous ne pourrons pas pénétrer ce mystère !

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