DANS
Les brandies de noire Société et la Société lliéosophique elle-même sont véritablement de même nature ; toutes ont le même but. Ce que la Société est en grand, la branche, la loge, le sont, en petit, et si nous comprenons bien la nature de la Société, nous comprendrons aussi bien la nature d’une branche.
La Société et la branche peuvent toutes deux être étudiées sous deux aspects : au point de vue du inonde extérieur et au point de vue intérieur.
La Société théosophique, comme toute société, est un groupe d’hommes et de femmes unis par une même idée, inspirés par le même esprit, cherchant à réaliser le même objet. Partout dans le mondé, nous trouvons des sociétés qui se réu-
nissent ainsi dans un but déterminé. Nous aussi, nous sommes une société comme celles-Jà ; c'est-àdire que nous aussi, nous avons en vue un but ; nous aimons les mômes vérités, nous désirons les répandre dans le monde. Nous sommes une société qui veut étudier de grandes vérités, mais nous sommes aussi un groupe de personnes animées d’un même amour pour la vérité. Quand nous sommes réunis, nous essayons d’éludier ensemble, nous essayons de nous inspirer ensemble du même amour, du même dévouement pour les mêmes objets.
Je veux parler, en premier lieu, des éludes de la Société , dire ce qu est l'élude au point de vue théosophique ; comment on doit étudier les choses. Car les études, au point de vue théosophique, ne sont pas tout à fait ce que sont les études au point de vue ordinaire ! Tenir un livre à la main et le lire n’est pas la même chose que l'étudier. Quand on lit, on rencontre les idées d'un auteuret on cherche à les comprendre; quand on étudie, on fait davantage, on a joute aux pensées de l’auteur ses propres pensées.
i° Étudier développe le corps mental . — Quand
l’étude en commun
on lit simplement un livre, le corps mental ne se développe pas nécessairement. Mais dans une branche de la Société théosophique, on vient pour étudier, c’est-à-dire que Y on vient développer le corps mental, l’organiser; on veut faire un pas en avant dans cette évolution mentale qui seule nous fait avancer dans l'humanité.
Comment doit-on étudier ? Que fait-on vraiment dans cette étude ?
Il est hors de doute qu’en étudiant on cherche à comprendre les idées des autres ; nous étudions afin de répandre ces idées dans le monde entier, afin d’approfondir les grandes vérités de l’existence, vérités que nous nommons la Sagessedivine, la Théosophie ; mais, quand nous étudions dans la loge, dans la branche, il faut toujours penser à cette évolution mentale qui est notre but et pour atteindre ce but, il faut faire deux choses : il faut développer à la fois le cerveau et le corps mental.
Parlons d’abord du cerveau. Nous avons dans le cerveau une quantité de petites cellules nerveuses. Sans doute vous n’ignorez pas qu’un certain nombre de ces cellules ne se multiplient pas au cours de la vie : ce sont celles par lesquelles on pense. Leur nombre est fixé dans la vie avant la naissance. Maissi ces cellules ne semultiplientpas, elles peuvent grandir, se développer, s’organiser,
ÎS
LA LOGtf THÉOSOPHIOÜL
cl, par l’étude, ces cellules en s’accroissant produisent de petites ramifications qui s'entrelacent les unes les autres; quand ces circonvolutions sont devenues de plus en plus nombreuses, de plus en plus entrelacées, elles font du cerveau un meilleur instrument pour la pensée.
Lorsque Ton pense, on fabrique ces petites circonvolutions nerveuses. Chaque pensée, chaque vibration émanée du corps mental et passant par le corps astral, arrive au corps éthérique pour y produire des vibrations magnétiques. Ces vibrations magnétiques, à leur tour, déterminent dans les cellules nerveuses d’autres vibrations qui, après avoir occasionné le développement des circonvolutions dont je viens de parler, font des cellules nerveuses des instruments plus aptes à la pensée.
L’idée que je viens d’émettre n’est pas seulement théosophique, elle est aussi absolument scientifique : les vibrations qui viennent du corps mental peuvent être poursuivies jusque sur le plan physique où elles font croître le cerveau.
Si vous pensez de toutes vos forces, avec toute votreénergie mentale le cerveau devient de plusen plus apte à la pensée : voilà un des grands résultats de l’étude. Mais ce n’est pas en lisant un livre que vous pouvez ainsi développer le cerveau ; il
l'étude en commun
faut pour cela, étudier, il faut organiser le corps mental : c’cst par ce seul moyen qu'on arrive au résultat cherché.
Ainsi, cette grande conscience humaine, plus grande que le cerveau, plus grande que le corps astral, plus grande même que le corps mental, et qui réside dans ce corps subtil que nous nommons le corps causal, cette grande conscience travaille sur tous les corps, quand on pense, quand on étudie. Par suite, il est du devoir de chaque branche, de chaque loge, d’aider ses membres dans une telle étude, c’est-à-dire de choisir des questions assez difficiles et assez obscures, et contenant un assez grand nombre de points délicats. C'est par l'étude de ces obscurités et de ces difficultés (jue I on peut développer le corps mental et le cerveau.
Loin de chercher à éviter les difficultés, il faut les affronter courageusement. Ne préférez pas toujours les livres les plus clairs et les plus faciles à comprendre... Quelquefois, moi-même, je crois rendre un très mauvais service à mes lecteurs en expliquant trop ce que je veux dire; en leur offrant des solutions et des explications trop claires et trop détaillées, je suis persuadée que je ne concours pas au développement de leur pensée.
C’est pour cette raison que je vous conseille de
LA LOGE TIIÉOSOPIIIQUE
choisir de temps en temps, clans vos loges, des questions vraiment difficiles, pour les discuter. Ce n'est pas qu’il faille procéder toujours ainsi : il faut apprendre aussi les grands principes et les questions fondamentales que doit répandre la Société Lhéosophique ; mais, de temps en temps, constituez-vous en « Loges d'études », choisissez une question difficile, discutez-la, relournez-la, employez loute votre énergie à la comprendre et à approfondir les vérités qu'elle recèle.
Lorsqu’une loge de la Société théosophique se réunit ainsi pour étudier une question délicate, elle doit réserver l’accès de cette réunion aux seuls membres de la Société et ne pas inviter un public qui, peut-être, n'a pas la même opinion et se soucie peu d'approfondir les choses.
Ainsi, Tune de fonctions d’une loge est de transformer ses membres en étudiants, de les aider à cette transformation en leur posant des questions difficiles et en les encourageant à les discuter. C’est de cette manière que vous parviendrez au sommet des collines de la pensée; c’est de cette manière que vous assurerez le développement de plus en plus grand de vos forces mentales, et, au bout de quelques années, un examen de conscience scrupuleux vous prouvera indubitablement que vous avez grandi.