CHAPITRE If
La transition d'un chapitre au suivant ne doit pas être arbitraire et fortuite, mais se faire par le développement naturel du sujet. On s'est contenté jusqu'ici, dans la philosophie comme dans toutes les sciences, de suivie les divisions des matières qu'on avait à traiter, sans penser même à justifier la méthode et la nécessité de ces divisions. Il n'en est point ainsi dans la doctrine absolue; ce ne sont point des div'sions plus ou moins accidentelles qui déterminent sa marche ; c'est la force dialectique qui la conduit et la pousse.
Nous avons vu, en commençant, comment cette force dialectique nous mène d'un seul point de départ aux autres catégories traitées dans les deux premières par-
tics de la philosophie. Nous savons déjà qu'une idécprimitivement posée s'oppose une négation, qui produit à son tour une nouvelle idée nécessairement mieux définie ou plus vraie que la première. Dans cette troisième partie appelée logique subjective, c'est toujours cette même force dialectique cpii nous fait passer du premier chapitre au second, du second au troisième, sans que le lecteur, non plus que nous, aidions en rien à ce mouvement. Mais ici, dans la logique subjective, la force dialectique qui nous pousse ne consiste plus tout à fait dans une négation opposée à une affirmation, mais plutôt en ce que la vérité d'une chose ou d'une idée que nous posons d'abord, se manifeste ou se découvre plus expressément dans sa seconde évolution, et plus encore dans la troisième ; et ainsi, de degré en degré, nous parvenons à une chose ou à une idée qui, sans avoir subi aucun changement ni cessé d'être ce qu'elle était d'abord, nous découvre cependant sa vérité tout entière et nous révèle d'une manière explicite ou complète ce qui, au début, n'était que d'une manière implicite et pour ainsi dire latente dans son sein.
Le développement des organismes, dans la nature, correspond à ce développement de la force dialectique dans la logique subjective. Ainsi la graine devient la