ET L'IDÉE DE CONSTITUTION
On avait bien compris que la Révolution n’avait été possible que grâce aux lumières; « les arts et les sciences ont été les véritables instruments de notre révolution », reconnaissent les membres du conseil du département de l'Hérault (1); les philosophes n’avaient-ils pas préparé « les cœurs à l’amour de la liberté (2) ? » Il apparaît à tous que les « révolutions des empires ne sont pas les effets inconcevables d’une aveugle fatalité (3). »
Aussi, considère-t-on l’organisation de l’instruction publique comme un moyen de conserver dans les esprits l’amour de la liberté, elle sera comme « un préservatif contre l’oubli de la constitution (4) »; une fois de plus, c’est par rapport aux idées de constitution et de liberté qu’est appréciée l’urgence d’une réforme et le rattachement à l’idée de constitution est ici immédiat. C’est que les pétitionnaires pensent que la constitution est liée au développement des facultés de l'esprit et comme, pour eux, la constitution «ne peut s’anéantir qu’avec la
(1) Arch. nat. D xur. 1. 8.16. Pétition du conseil du département de l'Hérault, concernant les établissements relatifs aux sciences et aux arts, 14 décembre 1790. (2) Arch. nat. D 1v. 13. 194. Pétition des Amis de la constitution de Cherbourg à l’Assemblée Nationale, 8 août 1791, renvoyée au Comité de constitution. HIS MIRE (3) Ibid. | - (4) Arch. nat. D xur. 1.8.16. Pétition du conseil du département de l'Hérault, : 44% décembre 1790, précit.