Traité des systèmes, chap. XII
tion conçue comme on élément primitif de Tunivers ne pourrait être qu'un fait inintelligible en lui-même, comme tout fait primitif, tandis que la communication du mouvement par voie d'impulsion dérive immédiatement de la conception même des corps, doutTessence est d'occuper une portion de l'étendue. C'est pourquoi Cuvier disait, avec raison, dans VHistoire du progrès des sciences naturelles^ que « les lois du choc constituent seules en physique de véritables explications ^ ». L'effort incessant de la science a pour but d'étendre autant qu'il est possible les limites de l'intelligible; c'est pourquoi un esprit vraiment scientifique, sans nier que l'attraction ne puisse être un phénomène primitif, se demandera toujours s'il n'est pas possible de ramener les phénomènes de la gravitation à des phénomènes antérieurs d'impulsion. Newton parait avoir, un moment au moins, admis comme possible l'idée que la pesanteur pourrait être une manifestation immédiate de l'action créatrice % mais ce n'est point là sa pensée habituelle. On lit à la fin de son livre des Principes : « J'ai expliqué les phénomènes célestes et ceux de la mer par la force de la gravitation, mais je n'ai assigné
nulle part la cause de cette gravitation Je n'ai pu
encore parvenir à déduire des phénomènes la raison de ces propriétés de la gravité, et je n'imagine point d'hypothèses ^ » Il termine la huitième des définitions placées