La drcuUxHon de la vie, première lettre, tome I, p
meiils moléculairei»? Gela, dans tous les cas, n'est point démontré. « On ne sait ce que devient l'attraction entre les molécules voisines, ni si elle est encore proportionnelle aux mas>ses, ni si elle varie avec Tespèce particulière de matière, ni si elle s'exerce en raison inverse d^> carrés des distances V » On sait bien moins encore, et il est douteux qu'on puisse le savoir jamais, si la loi de la gravitation s'af^lique aux particules de Téther. Non» avons donc affaire à une grande hypothèse vérifiée pour un ordre spécial de phénomènes, et non pas à une propnété que nous ayons le droit de considérer comiDe appartenant à la matière, et à toute matière. Cette distinction essentielle, qui résulte immédiatement! d'une vue juste de la méthode, a été méconnue, comme nous allons le voir. Personne sans doute n'a le droit d'affirmer que la gravitation des niasses ne soit pas une manifestatîoti première de la nature des choses ; il faudra bien toujoursi que la pensée s'arrête à un état primitif au delà duquel elle ne pourra concevoir que la cause absolue; et tonte la diaine des explications repose inévitablement en d^^ nier lieu sur un point de départ qui n'est pas exf^qué. Mais un esprit formé par la discipline de la science moderne aura de la peine h admettre le caractère primitif de la gravitation , parce qu'il s'agirait d'un mode de communication du mouvement qui ne se relie pas à l'idée fondamentale que nous avons des corps. Condillac a dit, et on l'a répété après lui, que l'impulsion n'est pas plus intelligible que l'attraction ^ Il a tort. En effet, l'attrae-
1. Jamin, Cours de physique de l'École polytechnique, tome I, p. i2S*