La critique philosophique du 3 décembre 1874, p
rager Tabus des conjectures et pousser à It formation des systèmes aventureux ; c'est au contraire recommander ia prudence. Le vrai danger est de faire des hypotlièBes sans le savoir et de les prendre pour des données immédiatement certaines. Pour que la science marche d'un pas sàr, il faut que la pensée du savant réunisse deux dispositions : la confiance et la défiance, dispositions qui ne se contredisent pas parce qu'elles portent sur des objets différents. La recherdie de Tharmonie universelle et de Tunité qui en est le principe est Tinstinct fondamental de la raison, auquel on ne saurait jamais trop s'abandonner. Si on laissait ébranler ce principe par les atteintes dn doute, le grand ressort de l'esprit humain serait brisé. Mais comment se réalise l'harmonie des choses ? quelles sont dans l'univers les véritables classes, les vraies loi», les causes réelles? C'est ici que la défiance est nécessaire. Toutes les déterminations de cette nature sont des suppositions de la pensée individuelle, dont la valeur se mesure exactement au degré d'explication des phénomènes qu'elles nous fournissent. Il faut éviter, avec une attention scrupuleuse, de prendre les systèmes, même les plus séduisants, pour l'expression complète de la redite. Ne doutant pas des principes directeurs de la pensée, et soumettaBt toujours l'hypothèse au contrôle de Tobservation , la science est dans la bonne voie. Elle réunit alors, dans une juste mesure, la confiance qui fait sa force et la modestie qui fait sa sûreté.
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